‹ Traité de la syphilisChapitre 133 sur 256 · PROGRESSION PAR RAYONNEMENT CENTRIFUGE · texte numérisé non relu

PROGRESSION PAR RAYONNEMENT CENTRIFUGE

sive. Chacun sait ce que produit la chute d’un caillou dans une nappe d’eau tranquille, à savoir une série de petites vagues circulaires et excentriques qui vont s’élargissant de diamètre à mesure qu elles s’éloignent de leur centre commun. Eh bien, ainsi procède le phagédénisme tertiaire. Parti d’un centre, il rayonne autour de son foyer d’origine, en constituant une série de zones d'invasion circulaires et concentriques , à diamètre croissant au fur et à mesure qu’elles s’éloi gnent de leur centre.

Prenons comme exemple une syphilide tuberculo-ulcéreuse. Si cette syphilide est destinée à subir le processus phagédénique, ce qui s’observera est ceci :

Autour du groupe initial, production suivant une zone circulaire d’une série nouvelle de tubercules qui suivront individuellement leur évolution usuelle, c’est-à-dire se ramolliront, s’ulcéreront, et dont la surface d’ulcération s’ajoutera à l’ulcération centrale. — Puis, en dehors de cette première zone, production d’une seconde zone circulaire de tubercules semblables, destinés à une évolution semblable, et dont l’ulcération se confondra de même avec l’ulcère central. — Puis, au pourtour de cette seconde zone, production d’une troisième, qui aura le même sort. — Et ainsi de suite, toujours suivant le même mode. En sorte que les progrès de la lésion dériveront, comme on le voit, d’un véritable rayonnement centrifuge.

Complétons immédiatement et par avance ce qui a trait à cette évolution morbide si particulière par l’énoncé d’un second phénomène d’ordre tout différent, qui est celui-ci :

Cicatrisation centrifuge, se faisant d’une façon parallèle à l’expansion ulcéreuse centrifuge.

C’est-à-dire : A mesure que progresse le phagédénisme, à mesure qu’il s’élargit excentriquement par une série de zones à processus ulcératif, inversement il subit dans ses parties centrales un processus de réparation cicatricielle à évolution également centrifuge. Ainsi : le foyer central se répare et se cicatrise le premier ; — puis la cicatrice envahit la première zone excentrique; — puis elle envahit la seconde, puis la troisième, et ainsi de suite.

De sorte que (schématiquement, bien entendu, car la nature ne procède pas toujours d’une façon aussi régulière), de sorte, dis-je, que, sur un phagédénisme de cet ordre datant d’un certain temps, ce que l’on voit est ceci, en allant du centre à la circonférence :

Au centre, une cicatrice accomplie, bien formée, déjà blanchâtre;

Plus en dehors, une zone à l’état de cicatrice récente, encore rougeâtre ;

Plus en dehors, une zone en période de réparation;

Plus en dehors, une zone ulcéreuse ;

Et enfin, à la périphérie, une zone de tubercules jeunes ou rela-

Page 1