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I. — SYPHILIS OESOPHAGIENNE

La syphilis œsophagienne, quoique fort rare, a son existence -démontrée par des observations cliniques, des constatations anatomiques et le critérium du traitement spécifique mixte.

Division. — Dans la période secondaire, la syphilis peut se localiser sur Pœsophage, et cela de la même façon que sur les autres parties dü tube digestif ; c’est-à-dire qu’elle donne lieu anatomiquement à un état congestif superficiel de la muqueuse avec légèrç «xsudation catarrhale et, cliniquement, à une dysphagie légère, à de l’œsophagisme ou à du pyrosis, sans que ces signes ou symptômes nient de caractères spéciaux.

Dans la période tertiaire, elle produit sur l’œsophage des gommes localisées ou des syphilomes diffus , dont l’histoire clinique se rapproche, dans le premier cas, soit des néoplasies du médiastin, soit des affections inflammatoires ou pyogènes de l’arrière-gorge et de la région aryténo-épiglottique ; tandis que, dans le second cas, c’est généralement par les signes du rétrécissement œsophagien qu’elle se traduit.

Or, les lésions diffuses étant plus fréquentes que les altérations localisées, c’est surtout le rétrécissement syphilitique de l'œsophage qu’il importe de décrire ici, d’autant plus que lui seul a des signes qui permettent de le diagnostiquer.

Historique. — La plupart des documents relatifs à son histoire se trouvent dans les publications, mémoires ou livres de MM. Lancereaux, Jullien, Mauriac, et sont condensés dans une leçon de Potain parue dans la Semaine médicale du 29 juin 1887.

Severinus est un des premiers qui ait soupçonné l’existence de la syphilis œsophagienne, en décrivant des ulcérations de l’œsophage et de la trachée chez un syphilitique. Rhodius, cité par Lieutaud, fit la même constatation, et de même Turner, cité par West, en 1732; puis viennent : Ruysch, Haller, Parker et Carmichael, qui relata deux observations analogues.

(I) Ce chapitre est dû à M. le Dr Gastou, chef de laboratoire à l'hôpital Saint- Louis. Traité de la Syphilis. II. — 30

SYPHILIS DE L OESOPHAGE

Paletta, en 1820, mentionne la coexistence de la dysphagie et d’une éruption papuleuse syphilitique. Puis Virchow, en 1850, signale un cas d’atrésie de l’isthme du gosier, avec rétrécissement cicatriciel de la partie supérieure de l’œsophage et érosion hémorrhagique de la portion inférieure.

Mais c’est à Follin que revient le mérite d’avoir fait, en 1853, le premier travail d’ensemble sur le rétrécissement syphilitique de l’œsophage.

A partir de cette époque, les observations de syphilis œsophagienne deviennent plus précises.

J. West, en 1860, relate deux cas de syphilis avec angine, dysphagie douloureuse, rejet des aliments, ulcérations multiples de farrièregorge, s’accompagnant d’anémie, puis de ralentissement du pouls, diminution des urines, cachexie et mort. A l’autopsie on trouva, sans, parler d’une tuberculose pulmonaire, la partie supérieure de l’œsophage dilatée, et la muqueuse épaissie avec taches cicatricielles récentes; puis, au-dessous de la première portion, un rétrécissement avec bandes et brides de la muqueuse. — Virchow, en 1860, écrit un mémoire sur le sujet et réunit 5 cas, dont 2 de West. — Follin, en 1861, mentionne deux nouvelles observations, à savoir : l’une relative à un rétrécissement œsophagien guéri par le traitement spécifique,, chez un malade atteint de psoriasis palmaire ; et l’autre où existait également la coexistence d’un rétrécissement et de lésions syphilitiques, mais où le traitement ne détermina qu’une guérison relative.

Wilks, en 1863, décrit chez un syphilitique un rétrécissement siégeant à l’union du pharynx et de l’œsophage. — Lancereaux, en 1866, écrit un chapitre sur la syphilis œsophagienne dans son Traité historique et pratique de la syphilis.

De nouvelles observations s’ajoutent bientôt aux précédentes. Maury, en 1870, signale un cas de gastrotomie pour un rétrécissement syphilitique. — Puis Lancereaux (1873), Habershon (1878), Bryant, Valette (cas de guérison par le traitement), Luton(1879), Godon (1880), Lublinski (1883), publient de nouveaux cas. — Alors, réunissant tousles faits connus, y compris celui de Langton-Parker, Jullien peut écrire, en 1884, un travail sur la syphilis œsophagienne, travail basé sur 19 cas bien authentiques.

Un peu plus tard, Potain, en 1887, dans une leçon inaugurale, et Mauriac, en 1890, dans son livre sur la Syphilis tertiaire et la Syphilis héréditaire, achèvent d’établir et rendent classique le rétrécissement syphilitique de l’œsophage, dont Lewin et Barrai, Kempe, etc., publient encore des exemples.

Avec toutes ces observations et celle inédite et typique que Liouville, en 1874, remit avec une belle aquarelle au P1' Fournier ( Lésions syphilitiques de la lanyue , de l'amygdale , du pharynx; tumeur ulcérée de la glotte ; mort par œdème glotlique. A l'autopsie ,

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