SON AUTHENTICITÉ
rachidienne. Il vomissait tout, même le lait. A plusieurs reprises il avait eu des hématémèses surabondantes, et, dans l’une d'elles même les caillots vomis étaient si volumineux que le malade avait dû les extraire de sa bouche avec les doigts, etc. » — A noter que, depuis dix-huit mois, ce malade avait été traité et bien traité, voire qu’il avait épuisé toutes les ressources des traitements rationnels et classiques (régime lacté, képhir, alcalins, lavages d’estomac, révulsifs, douches, etc., etc.). Rien de tout cela ne l’avait soulagé. « Or, dit mon collègue, sur l’aveu d’une ancienne syphilis je me décidai à recourir à un traitement spécifique. Je mis en œuvre d’abord les injections de biiodure mercuriel, puis, plus tard, l’iodurede potassium. Eh bien, dès le sixième jour du traitement, les douleurs diminuèrent, disparurent, et les vomissements cessèrent complètement. Le malade dormait, lui qui depuis longtemps était privé de sommeil ; sa physionomie se modifiait de jour en jour; il était transformé, métamorphosé... Bientôt il mangea avec avidité, et ce qu’il mangeait était conservé. Il reprit un appétit tel qu’il ne se suffisait pas des quatre portions réglementaires de l’hôpital et réclamait des rations supplémentaires. Il engraissait à vue d’œil, au point de reprendre 4 kilos en cinq semaines. Il reprenait ses forces d’autrefois... Bref, un mois plus tard, il était guéri ! »
Et ce n’est pas tout. Dans un ordre de cas différent, on a vu des états morbides chroniques de l’estomac (chroniques, remarquez le mot), restés rebelles de vieille date à toute médication d’ordre vulgaire, s’amender, puis guérir avec une rapidité significative sous l’influence du traitement spécifique. A citer comme exemples trois observations dues à Trousseau, Rivais et Rosanow, observations relatives à des malades syphilitiques qui, affectés de tous symptômes de gastrite chronique ou d’ulcère chronique de l’estomac depuis huit, dix et onze ans, ne durent leur rétablissement (et rétablissement qui s’opéra d’une façon singulièrement hâtive) qu’à l’intervention du mercure ou de l’iodure.
De tels cas sont probants, et je crois vraiment inutile d’insister davantage sur la signification qu’ils comportent. Au nom du bon sens, comment récuser la qualité spécifique à des états morbides influencés de la sorte, c’est-à-dire modifiés et guéris si merveilleusement par le traitement spécifique ?
Conclusion : Il existe donc, bien manifestement, une syphilis