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FORME DE GASTRITE CHRONIQUE

Report 18 cas.

Au cours de la 11e année (après le chancre) pour 2 —

Total 31 cas.

Causes adjuvantes. — Une seule bien avérée, à savoir alcoolisme .

J'ai constaté plusieurs fois d'une façon très nette l’action de cette cause, notamment, comme exemple, sur un jeune Russe qui était alcoolique à un très haut degré et que j’ai eu le bonheur de guérir d'une syphilis gastrique des plus graves, à hématémèses surabondantes. — Quant à d’autres qu'on a cru pouvoir invoquer (nervosisme, hystérie, arthritisme, dyspepsie antérieure, voire traumatisme), leur influence reste à démontrer.

Symptomatologie. — La syphilis gastrique se traduit par des symptômes multiples et affecte une physionomie naturellement variable suivant la qualité ou la prédominance de tels ou tels de ces symptômes.

Si multiples cependant que soient les troubles cliniques susceptibles de lui servir d’expression, ils n’en peuvent pas moins, surtout pour la facilité d’une exposition didactique, être catégorisés sous trois chefs. Ainsi, la syphilis gastrique se présente sous les trois physionomies que voici :

1° Celle de la gastrite chronique ;

2° Celle de Y ulcère rond ;

3° Celle du cancer gastrique.

Examinons-la dans chacun de ces types.

I. Sous forme de gastrite chronique, elle est composée par l’ensemble des symptômes suivants :

Sensibilité, puis endolorissement de la région épigastrique ;

Troubles dyspeptiques multiples et variés, variés de forme comme de degré, à savoir : digestions lourdes, lentes, difficiles, avec éructations, aigreurs, « barre sur l’estomac », suivant l’expression des malades ; — malaise stomacal constant, mais avec exacerbations déterminées par l’ingestion des aliments; — quelquefois ballonnement du ventre, ou même légère dilatation gastrique s’accusant par tympanisme et clapotement;

Troubles gastralgiques : douleurs, crampes, avec irradiations abdominales ;

Yomituritions ; — puis, à une époque plus avancée, vomissements, devenant de plus en plus répétés, voire presque habituels ; — soit

SYPHILIS DE L ESTOMAC

aqueux, glaireux et filants, soit alimentaires, quelquefois même, mais rarement, mêlés de sang ;

Enfin, à un degré plus élevé, véritable intolérance stomacale ; malade aboutissant à ne plus conserver que les liquides, le lait, l’eau. — Et, comme conséquences naturelles de tels symptômes, apâlissement progressif, amaigrissement, perte des forces; — puis dépérissement.

Un type du genre nous est offert par une belle observation d’Andral, laquelle, par parenthèse, est la première en date qui ait été publiée sur le sujet. La voici, sommairement :

Une jeune femme de vingt-neuf ans vient à présenter des troubles digestifs sérieux. Elle perd l’appétit, ne tolère plus les aliments qu’avec des douleurs gastriques et souvent les vomit. Elle maigrit, se décolore, prend .un teint plombé et livide. — On la soigne; mais, malgré tous les efforts de l’art, la maladie fait d’effrayants progrès. Les vomissements deviennent journaliers ; toute espèce d’aliments, à part le lait d’ânesse, est presque immédiatement rejetée. « On désespérait, dit Andral, de pouvoir suspendre la marche de cette déplorable affection, lorsqu’un jour la malade se plaignit d’une douleur incommode à la gorge avec difficulté d’avaler. L’inspection des parties fit découvrir, sur la paroi postérieure du pharynx, une ulcération peu large et arrondie, dont l’aspect se rapprochait assez de celui des ulcères syphilitiques. On se demanda alors s’il n’était pas possible d’admettre que l’affection de l’estomac, qui allait entraîner la malade au tombeau, fût due à un vice syphilitique. Quelque hasardeuse que fût cette idée, je m’y rattachai, parce que c’était la seule chance de salut qui restât encore à la malade et qu’en tout état de cause les inconvénients d’un traitement antivénérien, dirigé avec prudence, ne pouvaient pas être mis en balance avec les avantages qui en résulteraient s’il était bien appliqué. Je conseillai, en conséquence, l’usage de pilules mercurielles, dont chacune contenait un huitième de grain de deuto-chlorure de mercure (de 1 à 10 par jour) et, plus tard, des frictions mercurielles, etc. » Résultat : amélioration progressive et rapide, Cessation des vomissements et disparition des troubles gastriques; bientôt la malade mange et tolère les aliments; elle engraisse, reprend sa fraîcheur et « recouvre la plénitude de sa santé ».

Certes, il n’est rien d’impossible à ce que l’ensemble des troubles qui composent cette première forme de la syphilis gastrique soit amendé, atténué, puis guéri par des médications d’ordre vulgaire. Cela même a dû se produire plus d’une fois. Mais tel n’est pas le cas usuel. En général, cette gastrite chronique de la syphilis se montre rebelle vis-à-vis des médications non spécifiques. A preuve nombre d’observations dans lesquelles on l’a vue ne céder que le jour où, après échecs successifs de traitements de cet ordre mis en usage pendant

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