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II

SYPHILIS DE L’ESTOMAC

Ces gastrorrhagies ne sont pas moins variables comme quantité de sang évacué, à savoir : tantôt légères ou moyennes, c’est-à-dire constituées par un verre à dessert, un demi-verre ordinaire de sang ; — tantôt abondantes (un verre) ; — tantôt enfin excessives, formidables, s’élevant à un demi-litre de sang, voire davantage (« trois litres », dans une hématémèse terminale sur le malade de Fioupe),

Les hématémèses qu’elles constituent sont formées en général par un sang liquide, rouge, rutilant, pour la raison qu’elles succèdent presque immédiatement à l’hémorrhagie qui se fait dans l’estomac ; bien plus rarement par du sang noirâtre et en caillots, c'est-à-dire ayant séjourné plus ou moins longtemps dans le viscère. — Tout naturellement elles peuvent s'accompagner de melæna.

Inutile de dire que ces gastrorrhagies constituent par excellence le symptôme grave de l’affection, grave en ce que, soit par leur répétition, soit par leur abondance, elles anémient, épuisent, exténuent le malade, jusqu’à le rendre presque exsangue. — Les épiphénomènes qu’elles entraînent alors à leur suite et que je n'ai pas à décrire ici sont tous ceux des grandes hémorrhagies de n’importe quelle provenance, notamment pâleur, pâleur étonnante en quelques circonstances, presque cadavérique, neigeuse (ainsi le visage de la malade dont j’ai raconté l’histoire au début de cet exposé était, sans exagération, de la couleur de ses draps); — puis, perte des forces, affaissement, collapsus, tendance aux lipothymies, aux syncopes, etc.

Aussi bien, alors qu’elles sont surabondantes et répétées, ces gastrorrhagies peuvent-elles soit devenir rapidement mortelles (par exemple, en l’espace de quelques semaines), soit même déterminer la mort en quelques heures.

En revanche, il est des cas — très rares, il est vrai — où les gastrorrhagies peuvent absolument faire défaut. Exemple : il ne s’en était pas produit une seule dans un cas où, sur une femme syphilitique, l’autopsie démontra l’existence de nombreuses et grandes ulcérations distribuées irrégulièrement dans toutes les régions de l’estomac (Capozzi).

Dernier point. — Comme règle, les gastrorrhagies en question sont précédées d’un long stade de troubles gastriques (douleurs, phénomènes d’intolérance, renvois, vomituritions, vomissements, etc.), stade correspondant, suivant toute vraisemblance, à la constitution des infiltrats gastriques et à leur processus ulcératif. Mais il est une autre forme (celle-ci très rare, exceptionnelle même plutôt) où elles peuvent constituer un des premiers symptômes de l’affection, voire presque ouvrir la scène, et cela ex abrupto , sans être précédées de symptômes importants qui soient de nature à présager une affection grave de l’estomac. Fioupe a relaté dans le Progrès médical de 1874, sous le nom d 'ulcère simple de V estomac à marche foudroyante , un

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