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FORME PSEUDO-CANCÉREUSE

Un de nos distingués confrères, le Dr Dubuc, a relaté devant la Société de médecine de Paris le cas suivant :

Homme de trente-cinq ans, sans antécédents morbides autres que des rhumatismes et une syphilis en 1880 (chancres indurés, roséole; en 1884, syphilide tuberculeuse à l’avant-bras).

En juillet 1891, cet homme s’amaigrit progressivement, en même temps qu’il présente des troubles gastriques (digestions lentes et difficiles, douleurs stomacales, mais sans vomissements). On constate au niveau de la région épigastrique, au-dessous de l’appendice xiphoïde, l’existence d’une large plaque indurée, de la dimension d’au moins la paume de la main, avec saillie dure à sa surface, du volume d’un œuf de pigeon, et submatité à son niveau. Cette plaque est située en arrière de la paroi abdominale et occupe à n’en pas douter la paroi de l’estomac. Elle est soulevée d’une façon isochrone au pouls par les battements de l’aorte et du tronc cœliaque. Bien sûrement elle ne dépend pas du foie, dont elle est séparée par une zone de sonorité peu étendue.

« Il est difficile, dit l’auteur, en raison des caractères objectifs de la lésion, de ne pas songer à la possibilité d’une dégénérescence carcinomateuse de la paroi stomacale. Toutefois, en raison des antécédents syphilitiques que je connaissais bien (puisque j’avais soigné le malade pour la syphilis en 1880), en raison aussi de son âge peu avancé (trente-cinq ans), je me rattachai à l’idée qu’il s’agissait probablement d’une infiltration gommeuse de la paroi stomacale. Conséquemment, je le soumis sans hésitera un traitement spécifique mixte (pilules de Sédillot et iodure de potassium à doses élevées). Je fis, en outre, appliquer sur toute la région épigastrique un large morceau de sparadrap de Vigo. Régime lacté mixte.

« Le 15 juillet, je pouvais déjà constater une diminution appréciable dans les dimensions de la plaque indurée; les battements artériels la soulevaient à un moindre degré.

« Ce traitement fut continué et, progressivement, la plaque indurée disparut. Si bien qu’ayant eu l’occasion de revoir ce malade en novembre 1895, je le retrouvai en excellente santé, menant une vie active et parfois très fatigante. Quant à la plaque indurée, je n'en découvris plus aucune trace. En déprimant la paroi abdominale au niveau de l’épigastre, on constatait que les tissus sous-jacents présentaient une entière souplesse. — Bref, guérison. »

De même deux cas de tumeur gastrique observés parle Dr Einhorn ressortissent incontestablement à la syphilis. Or, dans l’un et l’autre, le diagnostic de cancer semblait résulter à la fois et de la nature des symptômes et de l’évolution morbide et de la présence d’une tumeur à l’épigastre. De par les commémoratifs on pensa qu’il pourrait bien s’agir de lésions dues à la syphilis, et l’on institua un traitement spécifique qui fut suivi d'un plein succès.

SYPHILIS DE L’ESTOMAC

Le même observateur ajoute avec toute raison que, dans les cas où la production gommeuse siège au pylore, elle confère à l’ensemble morbide les caractères de la sténose py torique. Il relate deux cas de cet ordre.

Dans l’un, la palpation faisait constater au niveau du rebord des fausses côtes droites une petite tumeur ovalaire, laquelle, sous l’influence du traitement antisyphilitique, ne tarda pas à diminuer, puis à disparaître complètement. — Dans l’autre, on ne percevait pas de tumeur, mais le diagnostic de sténose pylorique résultait de l’examen du chyme. Là encore, on obtint une prompte amélioration par l’institution du traitement spécifique.

Autre cas des plus curieux, voire extraordinaire, relaté par Freeman Ward et se résumant en ceci :

Homme de trente-huit ans, depuis longtemps malade de l’estomac (troubles dyspeptiques très accentués, douleurs, hématémèses, voire quelques vomissements marc de café , etc.) — Pas de tumeur gastrique appréciable, même par examen au chloroforme. — Émaciation ; imminence de mort par inanition. — On se décide à une intervention chirurgicale, et l’on trouve le pylore occlus par une tumeur du volume d’une orange ; mais, vu l’état du malade, on se contente de pratiquer une gastro-entérostomie, en remettant une opération plus radicale à des temps meilleurs. — Empiriquement on prescrit l’iodure de potassium. — En quelques semaines, grande amélioration ; forte augmentation de poias. — Six semaines plus tard on ouvre à nouveau l'abdomen et l’on ne trouve plus trace de la tumeur !

Quant à moi, voici mon contingent. Je trouve dans mes notes les deux faits suivants :

1° Un de mes clients, que j'avais traité pour la syphilis, revient me trouver à propos de troubles gastriques vraiment sérieux. A l’examen de l’estomac, je constate d’une façon non douteuse l'existence d’une tumeur siégeant au niveau du pylore, tumeur qui me donne tout à à fait l’impression d’un cancer. Toutefois, me rappelant les antécédents du malade, je prescris (certes bien moins par conviction que par prudence) un traitement spécifique, consistant en frictions mercurielles et iodure de potassium. Je ne revois plus le malade de quelques mois, si bien que je le croyais mort; mais, un jour, quel n'est pas mon étonnement de le rencontrer sur l'un de nos boulevards en pleine santé et guéri, absolument guéri de ses troubles gastriques! Quant à la tumeur, il n’en restait pas l’ombre.

2° En septembre 1902, un vieil ami (71 ans) vient me trouver tout chagrin : « Il paraît, me dit-il, que j’ai une tumeur à l’estomac (sans doute un cancer, quoiqu’on ne me l’ait pas dit), et qu’il faut m’ouvrir le ventre pour m’enlever cette tumeur. Du moins on me l’a conseillé ; vois donc cela ». J’interroge le malade : troubles gastriques très accentués, et notamment troubles accusant un certain degré de

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