III. — SYPHILIS DE L’INTESTIN
Certes les entéropathies tertiaires constituent un ordre de manifestations des plus rares dans la syphilis ; à ce point que je crois bien n'en avoir guère observé plus d’une douzaine de cas dans ma carrière.
Et cependant, peut-être bien seraient-elles moins exceptionnelles si, départi pris ou tout au moins d’une façon préconçue, on ne les considérait comme telles. J’imagine que maintes fois on passe à côté d’elles sans les reconnaître, parce qu’a priori on ne les croit guère possibles, et cela grâce au silence de la plupart des pathologies classiques à leur égard. La preuve en est que, dans la grande majorité des observations qui leur sont relatives, elles sont restées longtemps méconnues — et longtemps veut dire en l’espèce six mois, un an, deux ans, trois et voire quatre ans — jusqu’au jour où, de guerre lasse, on a fini par en soupçonner la nature vraie. Et, en effet, le schéma usuel de ces observations n’est autre que celui-ci : malade affecté d’une diarrhée chronique qu’0/2 ne sait à quoi rapporter ; — essais multiples et infructueux de médications antidiarrhéiques des plus diverses ou,