‹ Traité de la syphilisChapitre 158 sur 256 · APPENDICITE · texte numérisé non relu

APPENDICITE

bien entendu, des ressources offertes ici comme ailleurs par le régime et l’hygiène. Mais quelle variété de traitement antisyphilitique leur est applicable?

Trois points à préciser en l'espèce :

1° L’iodure de potassium, prescrit seul à l’exclusion de tout autre remède, compte des succès. D’après quelques faits, cependant, il semble mériter moins de confiance que le mercure, surtout comme effets préventifs. Ce n’est là, au surplus, que le reproche général qu’on peut lui adresser en tant que médicament antitertiaire. Comme chacun le sait, en effet, il constitue un merveilleux « effaceur » bien plutôt qu’un véritable guérisseur des accidents tertiaires. Il blanchit , comme on dit vulgairement, mais il laisse revenir , c’est-à-dire il permet des rechutes, des récidives, et il ne possède pas contre la syphilis cette action de fond, d’ensemble et surtout cette action de sauvegarde pour l'avenir qui semble dévolue bien plus sûrement au mercure.

2° C’est le traitement mixte qui a été le plus souvent mis en œuvre contre les entérites spécifiques et presque toujours avec de très heureux résultats.

3° Enfin, en ce qui concerne le mode d’administration du mercure dans l’ordre de cas qui nous occupe, on pourrait croire naturellement contre-indiquée la méthode par ingestion dans un état morbide constitué par des lésions ulcératives de l’intestin. L’expérience ne confirme pas cette induction très rationnelle; car, en plusieurs cas, le proto-iodure et la liqueur de Van Swieten non seulement ont été absolument bien tolérés, mais de plus ont guéri. On est donc autorisé d’après cela à prescrire le mercure par la bouche.

Mais, en vérité, pourquoi courir le risque d’une intolérance ou d’une irritation gastro-intestinale, alors que nous disposons d’autres méthodes inoffensives ou très généralement inoffensives à ce dernier point de vue? Logiquement donc et prudemment, mieux vaut, je crois, avoir recours aux méthodes externes, c’est-à-dire soit aux frictions, soit aux injections hypodermiques , qui me semblent constituer le traitement de choix en l’espèce, tout au moins d’après les résultats de la petite expérience personnelle que j’ai acquise sur le sujet.

Syphilis et appendicite. — Tout récemment (avril 1904) mon collègue et ami le Pr Gaucher a appelé l’attention, devant la Société française de Dermatologie et de Syphiligraphie, sur l’origine syphilitique possible d’une affection devenue d’une fréquence singulière, à savoir l’appendicite.

«... A une époque, dit-il, où je faisais la statistique du nombre des syphilitiques et où j’essayais d’établir leur pourcentage, — statistique que je n’ai pas encore publiée et qui m’avait donné les chiffres de

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