APPENDICITE
33 p. 100 dans la clientèle de ville et de 22 p. 100 dans la clientèle hospitalière, — je m’enquérais, au sujet de tous les malades atteints d’une affection quelconque, de leurs antécédents syphilitiques. C’est en compulsant ces notes que j’ai été frappé du grand nombre d’appendicites avec antécédents syphilitiques, personnels ou héréditaires ou conceptionnels.
« Depuis lors, j’ai interrogé dans ce sens les malades atteints d’appendicite auprès desquels j’ai été appelé; lorsque ces malades étaient des femmes ou des enfants, j'ai interrogé les maris et les pères.
« En réunissant tous les cas, je suis arrivé, en totalité, aux résultats suivants :
« 32 cas d’appendicite ; — 9 au-dessus de trente ans, correspondant dans mon esprit à des syphilis acquises, et 23 au-dessous de trente ans, correspondant à des syphilis héréditaires. Or, sur ces 32 cas, fai trouvé dans les antécédents la syphilis 29 fois, à savoir :
8 fois la syphilis acquise ;
et 21 fois l’hérédité syphilitique.
« Voilà les faits; je livre cette statistique sans commentaires, en invitant tous mes confrères à s’enquérir dorénavant des antécédents syphilitiques, personnels ou héréditaires, des malades atteints d’appendicite et à étendre, à confirmer ou à infirmer ma statistique, d’après leurs observations. Mais, dès maintenant, d'après ce que j'ai vu, je crois que l’appendicite est ou peut être une manifestation quaternaire ou tardive de l’infection syphilitique ou, si l’on veut, une affection parasyphililique, dépendant plus souvent d'une syphilis héréditaire que d’une syphilis acquise. »
D’autre part, le Dr Edmond Fournier a déclaré avoir été frappé de la fréquence de l’appendicite chez les sujets hérédo-syphilitiques. 11 a observé, dans 12 familles, 16 cas d’appendicite sur des enfants ou des jeunes gens entachés de syphilis héréditaire (3 dans une même famille, par exemple). Aussi bien, dit-il, ai-je été amené à considérer l’appendicite dans l'hérédo-syphilis comme faisant pendant à la diphtérie qui, comme l’a prouvé mon père, y est si commune. « Non pas, certes, que l’appendicite soit à mes yeux un symptôme, un produit direct de la syphilis; mais c’en est, je crois, un dérivé indirect, en ce sens que l’infection syphilitique lui crée un terrain propice, à savoir un terrain favorable à la germination du levain infectieux et au développement du processus morbide. Je crois que l’hérédo-syphilitique, qui vient au monde avec un coefficient de résistance vitale amoindri, est un être infériorisé au point de vue de sa défense contre les accidents de la route, un être vulnérable, fragile, qui subira tels ou tels de ces accidents plutôt qu’un autre mieux armé. »
Il n’est pas à le dissimuler, la théorie de M. Gaucher sur l’origine syphilitique de l’appendicite a reçu l’accueil le plus froid. On a