RÉGIONS ANALE ET PERIANALE
•objecté à mon collègue de sacrifier la règle à l’exception, et on lui a opposé — comme s’il avait prétendu que la syphilis était la seule cause de la maladie — nombre de cas des plus authentiques où l'appendicite avait sévi sur des adultes ou des enfants « bien sûrement » indemnes de syphilis.
J’aurais mauvaise grâce à oublier que semblable accueil — je me trompe, qu’un accueil bien pire — fut celui que reçut à ses débuts la doctrine du tabes ou de la paralysie générale d’origine syphilitique. Personne ne voulait croire à ce qu’on prenait pour une fantaisie, et je me rappellerai toujours que mon maître Ricord, qui m’honorait d'une grande affection, me dit un jour : « Mon pauvre ami, je crains bien que vous vous soyez mis une mauvaise affaire sur les bras avec votre singulière idée du tabes d’origine syphilitique ». En sera-t-il de même pour la doctrine nouvelle? Je me garderai d’en rien préjuger, et prudemment j’en appellerai au temps pour déterminer ce •qu’elle contient de vrai.
Quant à l’opinion avancée par mon fils, je la crois fondée. Personnellement, j’ai vu de même trop d’appendicites sur les enfants issus de souche syphilitique pour croire que le hasard est le seul auteur d’une telle coïncidence. Bien sûrement, d’une façon que j’ignore, par un processus dont je ne me rends pas compte, mais dont je vois les effets, la tare hérédo-syphilitique prépare un terrain propice à l’appendicite et en favorise le développement.