‹ Traité de la syphilisChapitre 17 sur 256 · POUSSÉES MULTIPLES · texte numérisé non relu

POUSSÉES MULTIPLES

grâce, ce à quoi je dois m’attendre encore et si je suis destiné à devenir bientôt infirme ou gâteux ». Ou bien encore (car c’est là le prétexte usuel qu’ils inventent pour se renseigner plus sûrement près de nous et scruter à fond notre pensée) : « Docteur, on me propose en ce moment une grosse affaire, une grande entreprise; mais je n’ose me risquer. Car avec la syphilis on ne va pas bien loin, dit-on, et, si je dois disparaître bientôt, comme j’en ai vu disparaître tant d’autres affectés du même mal que moi, je ne voudrais pas me risquer dans une aventure où pourrait sombrer avec moi ma fortune, qui est celle des miens ».

Eh bien, à ces affligés de la vérole nous sommes autorisés à répondre de par les connaissances acquises sur l’évolution de la syphilis, que les dangers du tertiarisme décroissent avec le temps ; — qu’ils diminuent même étonnamment de fréquence après quelques années de maladie ; — bref, que plus la syphilis vieillit, plus ses méfaits deviennent rares, et cela dans des proportions considérables, à ce point qu’un malade, surtout s’il s’est traité, n’a guère plus rien à craindre d'elle à une étape lointaine du début de l’infection.

De cela témoignent péremptoirement les chiffres que je viens de citer, et, ne seraient-ils bons qu’à cette démonstration toute spéciale, je ne regretterais pas de les avoir produits.

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