ALBUMINURIE SIMPLE
grande que, comme nous le verrons, on est toujours tenu d’établir dans la description de fréquentes comparaisons entre les néphrites syphilitiques et les néphrites parasyphilitiques.
Le rein peut, en effet, être atteint par l’infection syphilitique comme il peut l’être par les autres infections. La symptomatologie des néphrites d’origine infectieuse varie peu suivant les diverses causes. Toutes ces néphrites se ressemblent beaucoup entre elles, et il ne faut pas leur chercher une physionomie spéciale, car elles ne diffèrent les unes des autres que par des nuances dans les symptômes et même dans les lésions. La gomme crue ou ramollie du rein est une lésion habituellement facile à reconnaître ; mais, à la période cicatricielle, elle est déjà difficile à distinguer d’une néphrite scléreuse. Les différences entre les variétés de néphrites aiguës ou chroniques sont également difficiles à déterminer, à cause des phases aiguës qui viennent défigurer l’évolution des néphrites chroniques. C’est ainsi qu’à la suite d’une néphrite en apparence parenchymateuse, de courte durée, on peut trouver des reins avec des altérations de date ancienne résultant d’une longue période demeurée latente.
Aussi n’est-il pas facile d’établir une classification solide de tous les cas de syphilose du rein. En tenant compte à la fois de la marche chronique et des caractères anatomiques dominants, on peut distinguer avec Senator les variétés suivantes :
1° Néphrite aiguë ou subaiguë diffuse, fréquente surtout pendant la période secondaire.
2° Néphrite chronique non atrophique et sans induration marquée.
3° Néphrite chronique avec atrophie, induration, cicatrices.
4° Syphilome du rein.
Ces trois dernières variétés appartiennent surtout à la période tertiaire de la syphilis.
5° Hérédo-syphilis du rein, précoce ou tardive.
Il faut de plus mettre à part trois manifestations rénales de la syphilis distinctes des précédentes :
1° L’albuminurie simple syphilitique, dont la description, logiquement, précédera celle des néphrites auxquelles elle doit être rattachée ;
2° La dégénérescence amyloïde d’origine syphilitique et liée ordinairement à l’évolution des néphrites ;
3° L’hémoglobinurie syphilitique.