DE L’ALBUMINURIE SYPHILITIQUE SIMPLE
Sous cette dénomination il faut comprendre les cas dans lesquels l’urine contient nettement de l’albumine, mais ne présente en même
SYPHILIS DU REIN
temps à des examens répétés aucun autre élément indiquant une lésion profonde du rein.
Cette albuminurie, due probablement à l’action de l’agent pathogène encore inconnu de la syphilis ou à l’action de ses toxines, est la première expression d’une lésion rénale très résolutive, superficielle et fugace, mais qui, si elle dépasse ce degré, peut et doit aboutir à la néphrite.
L’agent pathogène, dans les premières périodes de la syphilis, ne se localise pas seulement dans la peau et dans les muqueuses ; il peut aussi provoquer des altérations simplement congestives et résolutives dans les viscères, foie, rate, reins, etc... La diffusion du virus nous est montrée de plus en plus étendue par les recherches contemporaines. Gubler, l’un des premiers, parla de l’albuminurie produite par l’éruption roséolique atteignant l’épithélium rénal.
Si l’on écarte soigneusement toutes les causes d’erreur qui peuvent égarer au cours d’une recherche de l’albumine dans l’urine, on voit que celle-ci est très rarement constatée au début de la syphilis, ainsi qu’en témoignent les chiffres suivants rapportés par Karvonen :
Schwimmer (statistique de 1891), sur 280 cas 2,9
Welander ( — de 1896), sur 601 cas 2,6
— (autre statistique de la même année), sur 828 cas.. . 1,2
Karvonen (statistique de 1898), sur 216 cas 2,3
Heller trouve ces cas plus rares encore que Welander et Karvonen.
Il faut donc écarter avec soin les causes d’erreur dans l’examen de l’urine albumineuse, notamment la blennorrhagie, la spermatorrhée, la prostalorrhée. — Quand il s’agit d’un malade déjà âgé, il faut s’assurer si la présence de l’albumine n’est pas due à l’existence d’une sclérose du rein. — Si le malade a déjà été traité, il faut se demander encore si l’albuminurie simple ne dépend pas du traitement mercuriel et rechercher pour cela la cylindrurie indiquée par Welander comme un des meilleurs signes de l’action nocive du mercure sur le rein. En examinant avec rigueur, à ces points de vue divers, les malades de son service, ce dernier auteur, sur 499 cas de syphilis récente, n’a trouvé que 2 cas d’albuminurie simple attribuable avec certitude à la syphilis.
Les études d’anatomie pathologique nous renseignent encore assez peu sur les altérations du rein au cours de l’albuminurie simple chez les syphilitiques. Aussi la pathogénie n’est-elle encore expliquée que par des hypothèses : augmentation de pression dans le glomérule (Neumann), endartérite (Heubner), foyers disséminés d’hyperhémie causés par les agents infectieux, et dégénérescences épithéliales déterminées par les toxines (Karvonen).
Neumann a expliqué encore l’albuminurie par les altérations concomitantes du sang, et il a admis une irritation rénale produite par