NÉPHRITE AIGUË
— L’urée diminue progressivement. — Même dans les cas légers, le coefficient urotoxique est très élevé (Dieulafoy).
Dans un cas observé par Delamare, burine contenait uniquement de la globuline. La première pesée donna 7 grammes d albumineglobuline par litre d’urine (2 litres par 24 heures) ; la deuxième, 10°r,25 (1.700 grammes d’urine par 24 heures) ; la troisième, 10 grammes.
La perméabilité rénale a été explorée par Widal et Bernard dans deux néphrites subaiguës de la période secondaire, au moyen de l’injection sous-cutanée de bleu de méthylène ; conformément à la règle posée par Bard, ils n’ont trouvé aucune anomalie de la perméabilité. — Dans un cas de néphrite subaiguë, Delamare n’a vu apparaître le bleu dans l’urine que deux heures ou une heure et demie après l’injection ; à la quinzième heure, absence de toute élimination.
Dans les cas graves, l’état général est atteint de bonne heure. Les malades sont pâles, très affaiblis ; ils ont quelquefois, au début de l’affection rénale surtout, des frissons, des douleurs dans les jambes, de la céphalée, de la fatigue, une légère fièvre, des douleurs lombaires que la palpation exagère. Toutefois bon nombre de cas débutent insidieusement, sans douleur rénale, sans frisson ni fièvre, en un mot sans les symptômes aigus qui se remarquent au début de certaines néphrites a frigore. Il peut même arriver que le début des accidents ne soit annoncé que par des accidents d’urémie, par la céphalée, comme nous l’avons vu récemment, ou par la céphalée et des accidents d’urémie gastro-intestinale. C’est ce qui arriva notamment dans un cas observé par Siredey et Dieulafoy : la néphrite s’annonça par une céphalée avec vomissements et diarrhée, puis apparut l’anasarque avec ascite, œdème pulmonaire et hydrothorax; le malade succomba dans le coma.
L'œdème apparaît souvent d'une manière brusque; il se montre d’abord à la face, surtout aux paupières ; il se remarque bientôt aux pieds, quelquefois au scrotum, à la verge ; puis se généralise vite à tout le corps. L’anasarque parfois est très intense, provoquant des hydropisies de la plèvre ou du péritoine. On l'a signalée aussi à la luette et à la langue.
Il est rare que l’œdème fasse défaut, et c’est souvent un des premiers signes qui appellent l’attention du médecin.
Lorsque la néphrite évolue dans un sens favorable, les œdèmes diminuent et, si l’on pèse le malade, on note une diminution de poids en rapport avec la diminution des œdèmes et la quantité des urines.
Marche. — Complications . — Durée. — Terminaisons. — D'autres symptômes se manifestent habituellement au cours de la maladie,
SYPHILIS DU REIN
surtout si elle s’aggrave. Ce sont des nausées, des vomissements alimentaires et bilieux, de la diarrhée, de la céphalée, de l’insomnie; puis encore, la dyspnée, l’œdème pulmonaire, la bronchite, la pleurésie ; et, enfin, divers autres troubles liés à Yurémie, depuis la simple céphalalgie jusqu’aux formes gastro-intestinales, convulsives, ou comateuses, etc..., qui entraînent la mort, cela quelquefois très vite (Vulpian, Burkmann, Rigal et Juhel-Rénoy) ou après une résistance assez longue pouvant durer trois à quatre mois.
La mort survient encore quelquefois dans une syncope, ou bien elle est provoquée par le développement des hydropisies, avec hydrothorax et ascite, ou par diverses complications, œdème de la langue avec œdème g lottique (Wagner, Mauriac, Perroud), affections broncho-pulmonaires, lymphangites cutanées, érysipèle (Dieulafoy, Chantemesse).
h' hypertrophie ventriculaire est peu commune, et il est rarement question de bruit de galop et d’hypertension artérielle (Chauffard). Dans une néphrite subaiguë, Delamare a pu entendre cependant un bruit de galop persistant ; le fait semble exceptionnel. — Brault signale dans ses observations l’affaiblissement du cœur dans les dernières périodes.
La terminaison fatale est cependant rare. Sous l’influence d’un traitement bien dirigé, beaucoup de malades guérissent en quelques semaines, quelquefois en deux, en quatre ou cinq mois, ou même au bout d’un an.
Les récidives sont rares, mais on a vu pourtant les œdèmes et l’albuminurie reparaître après une guérison apparente plus ou moins longue, parfois très longue.
Dans quelques cas la néphrite passe à l’état chronique. Certaines néphrites de la période secondaire peuvent avoir des allures chroniques d’emblée, c’est-à-dire une anasarque variable en intensité et une albuminurie qui persiste avec des alternatives d’amélioration et d aggravation.
Variétés. — A côté des formes graves de néphrite parenchymateuse aiguë, il y a aussi des néphrites épithéliales aiguës bénignes, sans symptômes généraux et de courte durée. L’albuminurie en est le seul symptôme, même dans des cas où l’albumine est parfois constatée à la dose de 10, 20 grammes et même 30 grammes. Dans d’autres cas, l’albuminurie s’accompagne d’un peu d’œdème facial, ou d’œdème des jambes et des malléoles. Ces néphrites cèdent parfois facilement au traitement ; mais il faut se méfier des récidives et surveiller de près les malades.
D’autres cas, après un début en apparence bénin, deviennent tout à coup graves et présentent le tableau de la néphrite parenchymateuse intense avec albuminurie considérable, anasarque, etc.