‹ Traité de la syphilisChapitre 188 sur 256 · NÉPHRITE CHRONIQUE. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

NÉPHRITE CHRONIQUE. — TRAITEMENT

apparente. Sur 16 cas observés cliniquement, 7 guérirent, 6 furent améliorés; dans 2 cas les malades moururent; dans un autre le traitement n’eut aucune influence.

Parmi les cas guéris il y eut 2 récidives ; — et, parmi les cas améliorés, 3 reprirent leur marche chronique.

En somme, le pronostic général est grave, mais encore mal fixé, car les malades sont rarement suivis pendant tout le cours de leur affection.

On peut espérer une guérison quand le cas n’est pas trop ancien, quand la sclérose ne s’est pas encore développée de manière à former des foyers définitifs, et que le parenchyme rénal n’est pas encore irrémédiablement compromis.

Il faut se garder de confondre une rémission temporaire avec la vraie guérison. Lecorché et Talamon, pour admettre cette guérison ( Traité de l'albuminurie, 1888], réclament les conditions suivantes : 1° disparition complète de l’albumine ; — 2° sécrétion urinaire normale, sans polyurie ; — 3° urine chimiquement normale ; — 4° pas d’hypertrophie cardiaque ; — 5° persistance de cet état pendant une année.

Diagnostic. — Dans tous les cas de néphrite chronique, il faut toujours penser à la syphilis, lorsque les autres causes ne paraissent pas avoir agi d’une manière certaine. Il faut donc s’enquérir des antécédents et rechercher avec soin les manifestations ou les traces de syphilis que le malade peut présenter du côté des viscères ou de la peau.

Beaucoup de syphilis sont ignorées et cette notion doit encore être d’un certain poids dans le diagnostic.

T outefois, lorsque le soupçon de syphilis ne paraît pas suffisamment fondé, il ne faut pas vouloir s’y attacher à tout prix, car il est certain que d’autres causes que la syphilis peuvent engendrer ces néphrites.

Traitement. — Le traitement, dans certains cas douteux, aura l’avantage de servir de pierre de touche pour le diagnostic. Son utilité est certaine même dans les cas déjà anciens ; on a vu guérir définitivement des cas datant d’un an.

On le voit parfois réussir rapidement après un essai inutile du régime lacté pendant un temps fort long. Les améliorations obtenues sont nombreuses. Il est à noter qu’elles se manifestent à la fois du côté du rein et dans l’état général, car on voit s’amender l’anémie et la cachexie des malades.

La suppression des chlorures, jointe au régime carné mitigé dont nous avons parlé à propos de la néphrite aiguë, est particulièrement indiquée dans ces formes chroniques pendant lesquelles le malade se fatigue toujours du régime lacté.

SYPHILIS DU REIN

Le traitement spécifique sera dirigé à peu près comme dans la néphrite aiguë. Il faut donner le mercure à doses fractionnées, quotidiennement (frictions, injections solubles, quelquefois pilules). Ce traitement sera prescrit sous forme de cures plus ou moins énergiques, suivant l’état des urines, la tolérance des malades et les résultats obtenus; ces cures seront d’un mois en moyenne, et suivies d’un intervalle de repos.

On devra aussi prescrire l’iodure qui sera mieux toléré que le mercure par certains malades et qui aussi parfois agit mieux.

Bien entendu, le traitement spécifique sera accompagné du régime lacté, des toniques et des autres méthodes thérapeutiques dirigées contre les néphrites.

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