II
ARTERITE.
Muller et quelques autres sont portés à admettre la nature syphilitique de cette périartérite noueuse. La plupart des auteurs font, au contraire, remarquer que l’absence très fréquente de tout antécédent et de toute coïncidence d’accidents spécifiques ne permet pas d’accepter cette manière de voir. — Pour Eppingerr il s’agirait d’une débilité congénitale de la tunique élastique; pour Graf et Freund, d’une maladie infectieuse indéterminée. On voit que la question reste obscure et réclame un supplément d’information.
Artérite des membres. — Le diagnostic de V artérite syphilitique des membres peut paraître à première vue assez simple.
Il convient de s’assurer tout d’abord qu’il s’agit bien d’une lésion artérielle, et non d’une névralgie ou d’une phlébite, affections qui pourraient la simuler grossièrement. Je suppose qu’il n’existe aucune lésion inflammatoire extrinsèque ou tumeur au contact de l’artère qui ait pu en altérer les parois ; que le début insidieux et sans douleur brusque, que la marche progressive de l’affection, sans lésion végétante dans l’endocarde, permettent d’écarter le soupçon d'embolie artérielle. On est bien en présence d’une artérite à tendance oblitérante.
En pareil cas, et surtout si la marche en est relativement aiguë, on en recherchera la cause dans une infection plus ou moins récente : la fièvre typhoïde en première ligne, les autres grandes infections ensuite. Mais, lorsque le malade est atteint de syphilis ou suspect à ce point de vue, on sera en droit d’invoquer cette étiologie.
Dans bon nombre de cas cependant on ne peut se prononcer ni du vivant du malade, ni même à la table d’autopsie.
Il en est particulièrement ainsi en présence d’une artérite oblitérante subaiguë ou chronique. La mortification d’une extrémité à laquelle cette artérite donne lieu fréquemment, après une période prodromique de fourmillements, de douleurs rhumatoïdes, de refroidissement du membre et de claudication intermittente, est classiquement qualifiée de gangrène sénile, « si elle survient après quarante ans et chez un athéromateux ».
Je mettrai tout d’abord à part le cas d’artérite avec gangrène chez un vieillard manifestement athéromateux et ancien syphilitique. Le problème est celui qui s’est présenté à nous plusieurs fois déjà : faire la part de la syphilis dans les lésions d’artérite chronique, pour administrer, s’il y a lieu, le traitement mercuriel et ioduré.
Mais, que dire lorsqu’il s’agit (comme dans le cas précité du professeur Fournier) d’un sujet jeune et qu’on ne trouve chez lui nul symptôme d’athérome ou d’artériosclérose en aucune autre région du corps ? S’il est infecté de syphilis, on est conduit toutnaturellemenl