‹ Traité de la syphilisChapitre 230 sur 256 · FRÉQUENCE DE LA SYPHILIS DANS LEURS ANTÉCÉDENTS · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DE LA SYPHILIS DANS LEURS ANTÉCÉDENTS

mique et rapportés pour la plupart dans notre statistique ; — plus fortes encore que celle de Frænkel (9 sur 19 ou 47 p. 100), que celle de Heiberg qui trouve 41,87 p. 100, moyenne à laquelle se range Trier.

Parcontre, elles sont inférieures à celles de la statistique de Malmsten qui, dans les pays Scandinaves, a trouvé 80 fois une syphilis certaine sur 1 01 cas d’anévrysmes, et à celle de Welch. — Ce dernier, en Angleterre, a recueilli 33 cas d’anévrysmes; dans 17, la syphilis était certaine; elle était probable, mais cependant douteuse, chez 5 ; le rhumatisme et l’alcoolisme se rencontraient seuls dans 4; dans 7 cas il n’y avait pas d’étiologie invoquée. Supprimons ces 7 derniers cas et les cas probables, mais douteux, il reste une proportion de 17/21, ou de 81 p. 100. — Buckhaus a trouvé 85 p. 100.

Dans une série de 28 cas relevés dans un hôpital de Copenhague, Rash a trouvé la syphilis avec certitude dans J 6 cas, avec grandes probabilités dans 7, soit 22/28 ou 82 p. 100.

Enfin, si nous réunissons en un groupe déjà imposant nos 240 cas, les 101 cas de Malmsten, les 21 cas de Welch, les 19 cas de Frænkel, les 28 de Rash, nous constatons une proportion générale de 294 cas d’anévrysmes chez des syphilitiques pour un ensemble de 409 cas, soit une moyenne de 71,88 p. 100.

C’est là, bien sûrement, un minimum; car, si la syphilis peut être considérée comme certaine chez nos 294 malades, nous avons négligé les cas simplement douteux, et, d’autre part, il est infiniment probable qu’elle a échappé aux recherches chez plusieurs individus signalés comme non syphilitiques. C’est qu’en effet nous avons fait rentrer dans cette catégorie tous les cas dans lesquels la vérole a été recherchée et dans lesquels la conclusion est négative ; or, plusieurs fois cette négative est peu concluante, comme, par exemple, dans une observation où n’existe que la mention suivante : « aucun signe de syphilis ». Combien peu de syphilitiques, heureusement, conservent des stigmates de leur infection !

En outre, personne n’ignore la difficulté extrême de déceler la syphilis dans les antécédents, même à un examen approfondi, si l’on n’a pas, pour ainsi dire, la volonté préconçue de ne pas la laisser échapper. Il en sera probablement des statistiques relatives aux anévrysmes comme de celles relatives au tabes et à la paralysie générale, dans lesquelles on a vu les proportions monter de 10 p. 100 à 75 et 90 p. 100, à mesure que l’attention était attirée sur ce facteur étiologique; et dans ces maladies, actuellement encore, après un examen et un interrogatoire aussi minutieux que possible, la découverte de la syphilis est-elle due souvent au hasard. En clinique nous avons vu un tabétique niant de bonne foi toute tare suspecte, n’en ayant conservé aucune trace, et pour lequel la réalité de l’infection, présumée en principe, n’a été mise en évidence que par la découverte d’accidents hérédo-syphilitiques incontestables chez ses enfants. Nou

ANÉVRYSMES.

connaissons encore le cas d’un officier atteint de paralysie générale au début, qui niait la syphilis avec la dernière énergie, lorsqu’un hasard extraordinaire amena au service de la Clinique le médecin militaire qui vingt ans auparavant avait traité son chancre.

En ce qui concerne les anévrysmes, nous ne voulons de cette difficulté d’autre preuve que le fait suivant : Parmi nos quatre observations inédites d’anévrysmes chez des syphilitiques, il en est deux pour lesquelles la preuve de la syphilis ne fut établie que tardivement; pour une troisième, le malade, âgé de quarante-neuf ans, niait toute syphilis, et ce fut l’existence d’une très légère cicatrice balanopréputiale qui nous mit sur la trace d’un chancre contracté à l’âge de dix-huit ans et d’accidents secondaires auxquels le malade n’avait attaché aucune attention, et dont le souvenir lui revint alors très précis.

Notre proportion de 72 p. 100, portant sur un ensemble de 409 cas, assez considérable pour éloigner l’hypothèse d’un hasard de série, paraît donc bien le minimum de fréquence tde la syphilis dans les antécédents personnels des malades atteints d’anévrysmes.

Cette proportion est beaucoup trop élevée pour qu’on puisse penser qu’elle résulte d’une simple coïncidence; et quand, sur 100 cas d’une maladie des artères (anévrysme dans le cas particulier), on trouve dans les antécédents 72 fois la même infection, quand on sait surtout que cette infection atteint fréquemment le système artériel, on est déjà en droit d’affirmer' que cette infection, la syphilis, joue un rôle considérable dans la genèse des anévrysmes.

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