‹ Traité de la syphilisChapitre 27 sur 256 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA SYPHILIS TERTIAIRE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA SYPHILIS TERTIAIRE

Coup d’œil général sur l’anatomie pathologique de la syphilis. — Avant d’aborder la description des lésions tertiaires, il me semble indispensable de revenir par un court aperçu sur l’anatomie pathologique de la syphilis considérée dans son ensemble.

Quoique son agent pathogène ait échappé jusqu’ici à toutes les investigations, il est hors de doute que la syphilis constitue une maladie infectieuse, due à un parasite spécifique , lequel en est la cause unique et nécessaire.

L’existence de ce microbe est prouvée par le caractère virulent, contagieux et inoculable de la maladie, caractère qui implique un contage vivant, transmissible, et capable de se multiplier dans l’organisme qu’il infecte.

Elle est, d’autre part, démontrée par l’évolution de la syphilis, laquelle est soumise à des lois qui ne peuvent découler que de la spécificité de son agent.

Elle ressort, enfin, de la nature même des lésions syphilitiques, qui sont de tous points analogues à celles de certaines grandes maladies indubitablement microbiennes et qui, de plus, ont le cachet d’inflammations de cause infectieuse.

Cependant toutes ces preuves accumulées n’équivalent pas à une démonstration directe et matérielle. La découverte du mystérieux parasite, en satisfaisant l’esprit, aurait de plus cet avantage qu’elle permettrait de définir les lésions syphilitiques par la présence dans leur intérieur d’un microorganisme spécial, de même que la présence du bacille de Koch définit les lésions tuberculeuses et que celle du bacille de Hansen caractérise les lésions de la lèpre.

A défaut du critérium bactériologique, on ne peut arriver à se faire une idée du caractère général des lésions d’une maladie qu’en synthétisant les résultats fournis par l’examen particulier de chacune de ses lésions dans les différents tissus et organes qu’elle est susceptible d’atteindre.

Eh bien, en procédant ainsi en ce qui concerne la syphilis, on aboutit à la conception suivante :

(1) Chapitre dû à M. J. Darier, médecin des hôpitaux de Paris

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