II. — Cela dit, venons à ce qu’il convient de faire
Rien de plus simple. En premier lieu administrer Viodure de potassium; — l’administrer séance tenante et à bonne dose (3 grammes par jour au minimum, et bien davantage au besoin); — l’administrer encore à doses d’autant plus hautes et d’autant plus rapidement progressives que la gomme est plus, avancée comme évolution.
Je ne crains pas de me répéter en disant ici une fois de plus que l’iodure constitue en l’espèce un véritable spécifique. Merveilleuse est son action sur les gommes, à la fois comme rapidité et comme intensité curative. Il résout les gommes, il les fond « comme la 'chaleur fond la neige ». Si volumineuses soient-elles (comme dans certains cas que j’aurai bientôt à citer), il en vient à bout, il les résorbe, il les guérit. Dans toute la thérapeutique on chercherait vainement une influence curative qui puisse être comparée à celle qu’exerce l’iodure sur l’ordre d’accidents dont nous parlons.
J’ajouterai : Prescrire l’iodure seul à l’exclusion du mercure est de bonne politique en l’espèce. Cela pour un dojuble motif : d’abord, parce qu’il suffit à guérir la gomme dans l’énorme majorité des cas; — et, en second lieu, parce qu’il doit, pour être actif, être administré à bonne dose; or, tel estomac qui le supporte pourrait fort bien ne plus le supporter en même temps que le mercure. Cumul de remèdes aboutit souvent à intolérance gastrique.
L’indication d’appeler le mercure au secours de l’iodure ne se présente guère que dans deux ordres de cas : contre les gommes quelque peu rebelles à l’iodure, ce qui est d’occurrence tout à fait rare ; — et contre les gommes multiples, symptomatiques de certaines syphilis malignes précoces. C’est qu’en effet, dans les périodes jeunes de la syphilis, le mercure jouit souvent d’une action curative supérieure à celle de l’iodure.