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VARIÉTÉS COMME SYMPTÔMES

d’une syphilide gommeuse ulcérée. — Je renvoie le lecteur, sur ce point, à l’un des chapitres suivants où ce traitement sera étudié en détail; mais dès l’instant je puis dire que rien ne vaut en l’espèce la triade des moyens suivants : balnéation répétée ; — aspersions légères d’iodoforme ou badigeonnages à la teinture d’iode ; — et pansement occlusif dit «à la Chassaignac »,avec bandelettes imbriquées et entrecroisées de taffetas de Vigo.

Variétés. — Ce qui précède nous a présenté la gomme sous-cutanée sous son type le plus commun, à savoir sous son type simple, dégagé de. toutes complications. A ce tableau je dois maintenant adjoindre celui des variétés qu’elle comporte.

I. — Variétés symptomatologiques. — Sous le type décrit jusqu’ici, la gomme sous-cutanée est presque une lésion sans symptômes ; j’entends une lésion réduite à une symptomatologie purement objective, presque sans troubles fonctionnels ni douleurs.

Cela explique comment elle échappe parfois à l’attention des malades et à l’examen du médecin. Les malades même l’ont-ils perçue qu’assez souvent ils ne s’en inquiètent pas et la laissent évoluer en liberté, dans la pensée, comme ils le disent, que, « puisque cela ne les fait pas souffrir, ce n’est rien », et que « cela s’en ira comme c’est venu». Exemple du genre, bon à citer. Je suis mandé chez un malade que je trouve affecté du rhume le plus simple. Après quelques visites bien inutiles, j’allais prendre congé de lui, lorsqu’il m’arrête pour me dire : « Ah ! docteur, puisque vous êtes là, j’en profiterai pour vous montrer quelque chose. Figurez-vous que, depuis deux à trois mois, il m’est poussé une bosse au bras. Je ne vous aurais pas dérangé pour si peu, mais, puisque je vous tiens, je vais vous montrer cette misère». Et il me montre sur son bras gauche une tumeur sous-cutanée, grosse comme une châtaigne, qu’après examen et interrogatoire je reconnais sûrement pour une gomme et qui, d’ailleurs, guérit par l’iodure à la façon d’une gomme. Eh bien, le malade portait cette gomme depuis quelques mois et ne s’en était pas encore inquiété, et « il ne m’aurait pas dérangé pour si peu », alors qu’il s’était inquiété d’un misérable rhume !

Il en est fréquemment ainsi pour les gommes sans douleurs et sans troubles fonctionnels. Mais il n’en est pas toujours ainsi. Car certaines gommes ne sauraient rester latentes, non plus que dédaignées, en raison des symptômes plus ou moins gênants ou douloureux auxquels elles donnent lieu.

Ces symptômes sont toujours affaire de localisation , comme on va le voir. Ainsi :

1° Les gommes situées sur des parties mobiles peuvent naturellement introduire une gêne dans l’exercice des mouvements. Quelques exemples.

GOMMES SOUS-CUTANÉES

Une de mes malades qui présentait au niveau de l’éminence hypothénar une gomme grosse comme un petit marron, se plaignait d’avoir les mouvements de la main absolument empêchés. Bientôt même ces mouvements devinrent à la fois et plus douloureux et plus restreints, alors que le ramollissement de la tumeur détermina des symptômes inflammatoires. A ce moment, la malade souffrait véritablement. Sa main était presque impotente et ne pouvait serrer les objets.

Sur un de mes clients, une grosse gomme de la région sous-maxillaire gênait la mastication. Devenue plus volumineuse encore, elle en arriva à gêner la déglutition, voire la respiration, et l’on dut l’ouvrir.

Une cliente du professeur Tarnier portait sous la peau de la paupière supérieure gauche trois gommes, dont deux comparables à un pois et la troisième à un haricot. Si bien que cette paupière était maintenue en ptosis complet et que la vision se trouvait abolie de ce côté.

Cas plus curieux : Un vieux monsieur avait la verge étrangement bossuée, à la région moyenne et supérieure, par une gomme souscutanée du volume d’une datte. Cela ne le faisait en rien souffrir, mais cela déviait l’érection et rendait le coït difficile. Et comme, d’autre part, cette singulière difformité lui attirait de sa maîtresse de désagréables plaisanteries, il avait résolu « d’en finir au plus tôt par une opération ». L’iodure suffit à sa délivrance.

2° Des troubles plus importants sont quelquefois occasionnés par des gommes qui se trouvent comprimées ou qui, plus souvent au contraire, compriment soit un nerf, soit un plexus.

Ainsi, un de mes clients était importuné de la façon la plus gênante par une petite gomme occupant la partie moyenne du pariétal droit, exactement au niveau de la région où repose le chapeau... « Il ne pouvait plus se coiffer, disait-il ; constamment il était forcé d’avoir son chapeau à la main, on sinon il éprouvait dans la tête d’intolérables douleurs qui le forçaient à se découvrir, même dans la rue.» Lui aussi, comme le malade précédent, voulait être « opéré » du jour au lendemain.

Dans un cas relaté par Ricord, une tumeur gommeuse de l’aine déterminait de vives douleurs de « névralgie crurale » avec irradiations à toute la cuisse.

Dans un autre cas de Ricord, deux gommes situées sur le trajet du nerf cubital provoquaient de très vives douleurs qui irradiaient à l’avant-bras et jusque dans les deux derniers doigts, en suivant manifestement la distribution du nerf.

De même une observation de Nélaton est relative à une tumeur gommeuse de l’aisselle qui était devenue l’origine des divers troubles suivants : douleurs névralgiformes se répandant dans tout le bras et l’épaule ; — engourdissement du membre, avec fourmillements et diminution notable de la puissance musculaire; — développement du système veineux; — souffle artériel, etc.

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