‹ Traité de la syphilisChapitre 48 sur 256 · CANCER · texte numérisé non relu

CANCER

Sans parler de ces hontes médicales, la confusion de la gomme avec le cancer n’a été commise que trop souvent de bonne foi. De cela les exemples seraient très nombreux à citer. Tel fut le cas de ce chirurgien qui, après avoir opéré une tumeur des parois abdominales réputée cancéreuse, ne fut pas médiocrement surpris de voir une autre tumeur, absolument semblable à la première, se reproduire six semaines après au voisinage de celle-ci. Mieux inspiré cette fois, il substitua très heureusement l’iodure au bistouri. — M. Richet s’accuse « d’avoir été sur le point de pratiquer l’amputation du sein pour une tumeur qu’il réputait squirrheuse, lorsque la découverte d’une seconde tumeur, sinon semblable, au moins analogue à la première, dans l’épaisseur du mollet, l’arrêta et le fit réfléchir. Puis, ajoute-t-il, la disparition de ces deux tumeurs sous l’influence d’un traitement approprié acheva de m’ouvrir les yeux. » — Et de même pour cent exemples de même ordre.

Quatre ordres de considérations se présentent ici pour instituer le diagnostic différentiel. A savoir :

1° Considérations étiologiques. — D’abord, antécédents. Avec la gomme, antécédents spécifiques; — rien de semblable avec le cancer, réserve faite, bien entendu, pour la possibilité d’une coïncidence.

En second lieu, considération d'âge. Non pas toujours, mais pour la grande majorité des cas, le cancer est une maladie des périodes avancées de l’existence; la gomme, au contraire, n’a pas d’âge de prédilection.

Bien entendu, rien autre jusqu’ici que des présomptions à déduire de ce premier ordre de signes. Mais voici mieux.

2° Eléments séméiologiques. — Multiples et pouvant être résumés comme il suit :

Cancer :

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