CANCER
la qualité des lésions. Car (après l’avoir déjà dit et redit, je ne crains pas de le répéter encore), nombreux, très nombreux sont les cas où le traitement spécifique a guéri contre tonte attente des tumeurs qui, après mûr examen, avaient été diagnostiquées cancéreuses.
C’est par centaines qu’on trouve des cas de ce genre relatés dans les recueils scientifiques, dans les monographies, dans les thèses, etc. ; et l’on en trouverait encore un bien plus grand nombre d'inédits dans les souvenirs des praticiens. J’ai rarement causé de ce sujet entre confrères sans que l’un d’eux ne prît la parole pour citer un exemple du genre se résumant en ceci : tumeur diagnostiquée cancer par un, deux, trois, quatre médecins ou chirurgiens ; par simple acquit de conscience et pour ne rien négliger en faveur du malade, mise en œuvre du traitement spécifique; — et, à l’étonnement de tous, guérison du prétendu cancer, qui n’était qu’une gomme.
Dans ce qui précède, plusieurs cas de cet ordre ont été déjà relatés; je ne résiste pas cependant au désir de citer encore le suivant, curieux à divers titres :
Homme de 37 ans, sans antécédents de syphilis et sans stigmates de syphilis héréditaire. — Tumeur de la cuisse gauche (région antérieure). — Nul traitement. — Dix-huit mois après le début de cette lésion, le malade se fait admettre dans un service de chirurgie où on lui propose l’amputation de la cuisse. Pris de peur, il quitte l'hôpital et se fait traiter quelque temps en ville par un empirique. — La tumeur alors s’ulcère. — A bout de ressources, il vient chercher un refuge dans nos salles. — A ce moment la cuisse est littéralement énorme et mesure en circonférence 8 centimètres de plus que la cuisse saine. — Vaste et profonde ulcération. — Traitement spécifique alors mis en œuvre (mercure et iodure). — Guérison en deux mois.
(A noter au passage dans le cas actuel l’absence de tout antécédent spécifique connu du malade. — Mais, une enquête instituée sur la famille nous apprit ceci : Sa femme, sur laquelle il nous fut également impossible de trouver le moindre accident de syphilis, avait fait quatre fausses couches dans les trois premières années de son mariage, et, dix-huit mois plus lard, avait donné naissance à un enfant hérédo-syphilitique).
IV. — Ulcères variqueux. — Il est absolument commun qu’aux membres inférieurs, où ils sont très fréquents, les ulcères gommeux soient confondus avec les ulcères consécutifs à la varicose. Le diagnostic différentiel de ces deux ordres de lésions est donc des plus importants à établir. J’en renvoie l’étude à l’un des chapitres suivants (V. Syphilides gommeuses, p. 166).
SYPHIL1DES TERTIAIRES.
Les syphilides tertiaires se définissent d’elles-mêmes. Ce sont les déterminations cutanées qui, dans l’évolution normale de la diathèse syphilitique, se produisent à longue échéance au delà de l’infection primitive.
Fréquence. — Ce sont les accidents les plus communs de l’étape tertiaire. On les a vus dans ce qui précède figurer pour un chiffre de 1.418 cas sur un total de 4.400 malades et 5.762 manifestations tertiaires de tout ordre.
Echéances d’apparition. — Sur un total de 1.418 cas (observés dans la clientèle de ville), j’ai pu déterminer 1.103 fois d’une façon précise la date d’invasion des syphilides tertiaires cutanées dans l’évolution de la syphilis. Or, voici ce que m’a fourni à ce point de vue l’analyse de ces 1.103 cas.
Échéance d’invasion des syphilides tertiaires.
ire
année
lie
A reporter