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SYPHILIDES TERTIAIRES. — ÉCHÉANCES D’INVASION

22e année

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. . 1.024 cas.

Total

C’est-à-dire :

De la lrc à la 10e année

De la 11e à la 20e année.

De la 21e à la 30e année

Au delà de la 30° année.

Il suit de là :

1° Que les syphilides cutanées constituent le plus souvent des manifestations précoces de syphilis tertiaire, puisqu’elles présentent un maximum de fréquence très accentué dans les trois premières années de la maladie et que, pour les dix premières années, elles constituent 73 p. 100 des manifestations de cet ordre;

2° Que, d’autre part, néanmoins, elles peuvent être tardives, voire très tardives, puisqu’on en rencontre un certain nombre au delà de la trentième année et jusqu’à la quarante-sixième;

3° Qu’elles atteignent leur apogée de fréquence au cours de la troisième année ;

4° Que leur fréquence ne cesse de s’abaisser d’une façon intense à dater de la quatrième année, et cela d’une façon progressive; — de sorte :

Qu’elle n’est plus, de la onzième à la vingtième année, que le quart (environ) de ce qu’elle était dans les dix premières ;

De la vingt et unième à la trentième, le tiers de ce qu’elle était dans les dix années antérieures;

Et qu’au delà, enfin, elle n’est plus représentée comme quotient annuel que par quelques unités.

812 cas ou 73,6 p. 100 205 — ou 18,6 —

66 — ou 5,8 —

20 — ou 1,8 —

SYPHILIDES TERTIAIRES.

CARACTÉRISTIQUE GÉNÉRALE. — Si l’on compare d’ensemble, au point de vue symptomatologique, le groupe des manifestations cutanées de la période tertiaire à celui des manifestations de même siège qui se produisent au cours de l’étape secondaire, on constate de l’un à l’autre des différences multiples et profondes constituant un contraste des plus frappants. Ces différences»peu vent être résumées, à ne parler que des principales, de la façon suivante :

1° Les syphilides tertiaires sont des syphilides habituellement régionales ; — c’est-à-dire des syphilides se limitant à certaines régions et s’y cantonnant, sans se disséminer sur d’autres.

Le propre d’une syphilide tertiaire, en autres termes, c’est d’affecter un ou quelques départements du corps, en laissant intacts tous les autres. Exemple : une poussée cutanée tertiaire affectera, je suppose, soit le visage, soit le cuir chevelu, soit le dos, soit un membre seulement ou même le segment d’un membre, alors que toutes les autres régions du corps resteront respectées et indemnes.

Souvent et même très souvent la syphilide tertiaire se localisera de la sorte à une seule région, voire à un seul district de cette région. Ainsi, rien de plus fréquent que de voir la syphilis, à son étape tertiaire, s’en prendre au visage exclusivement, et même, dans le visage, s’en prendre exclusivement ou bien au front, ou bien à l’une des joues, ou bien au menton, ou bien et surtout au nez, qui — soit dit à l’avance — est un siège de prédilection pour les accidents de cet ordre.

Par conséquent, à ce point de vue, contraste frappant avec les syphilides secondaires, dont le propre, inversement, est de se répandre dans le même temps sur plusieurs régions du corps, de se disséminer, de s’éparpiller, souvent même de se généralisera toute l’étendue de la surface cutanée.

2° Ce sont des syphilides profondes et désorganisatrices. —

Le propre des syphilides de l’étape secondaire, c’est, je le rappelle, de consister en des dermatoses superficielles, presque « à fleur de peau » pour quelques-unes, n’affectant en tout cas les téguments (même dans leurs formes les plus sérieuses) que dans leurs couches extérieures; — constituant donc des lésions résolutives, intégralement résolutives, qui s’effacent sans dommage et qui (sauf exceptions très rares) ne laissent aucun vestige de leur passage, aucune cicatrice persistante.

Eh bien, inversement, le propre des syphilides tertiaires est de consister en des lésions profondes, qui affectent la peau dans son épaisseur, souvent même dans toutes ses couches, et qui, conséquemment, au lieu d’être résolutives, sont, au contraire, éminemment désorganisatrices', — désorganisatrices de deux façons que je spécifierai en détail dans un instant, à savoir : soit par sclérose et atrophie interstitielle, soit par ulcération, voire quelquefois par gangrène.

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