‹ Traité de la syphilisChapitre 75 sur 256 · RÉTRÉCISSEMENTS SYPHILITIQUES DE L’URETHRE · texte numérisé non relu

RÉTRÉCISSEMENTS SYPHILITIQUES DE L’URETHRE

sur le linge des taches dont les unes sont grisâtres et les autres d’un gris jaunâtre, tout à fait comparables à celles que produit l’écoulement d’un vésicatoire. Or, j’ai vu plusieurs fois (détail à garder en souvenir pour la pratique) ce suintement donner le change aux malades qui se croient affectés de blennorrhagie, voire aux médecins qui prescrivent un traitement en conséquence, ce dont il est facile de préjuger le résultat. Je puis affirmer plus fréquentes qu’on ne le croit généralement ces fausses blennorrhagies dérivant de lésions tertiaires de syphilis.

Que deviendrait la lésion si elle était abandonnée à son évolution propre ? Aboutirait-elle à constituer un rétrécissement uréthral véritable et définitif par le mécanisme de la sclérose progressive qui constitue la pathogénie d’autres rétrécissements, tels que le rétrécissement rectal d’origine syphilitique? Cela, je ne saurais le dire, faute de documents. Ce qu’en revanche je puis affirmer, c’est que, sous l’influence d’un traitement énergique (iodure et mercure), je l’ai toujours vue disparaître, voire assez rapidement, alors du moins que le traitement intervenait à terme non encore très distant du début de l'infiltrat.

Question clés rétrécissements syphilitiques de /’ urèthre. --Admis par les uns, les rétrécissements syphilitiques de l’urèthre sont récusés par les autres. Sur ce point, comme sur tant d’autres, il suffirait, je pense, de s’expliquer pour s’entendre.

D’abord, il est d’évidence manifeste que des coarctations uréthrales doivent servir d’aboutissant obligé aux infiltrats et aux ulcérations tertiaires de l’urèthre. Comment pourrait-il en être autrement? — Exemple : Dans un cas cité par le Dr Albarran, cas relatif à un phagédénisme génital qui avait réduit la verge à un moignon informe et ouvert une boutonnière à l’urèthre au niveau de la région scrotale, toute la portion du canal située au delà de ce point se présentait tuméfiée, bosselée, indurée et n’était franchissable que par une bougie filiforme. Après six semaines d’un traitement mixte, cette masse d’infiltration s’assouplit et laissa passer, sans dilatation préalable, une boule n° 12. Là, il est vrai, s’arrêta l’effet thérapeutique; car, plus tard, « la dilatation, même associée au traitement mercuriel, ne permit pas de dépasser un Béniqué 38, et M. Albarran jugea l’uréthrotomie nécessaire pour récupérer le calibre normal ».

Mais il est non moins certain que ces lésions sont d’ordre rare; — et, d’autre part, que presque invariablement les rétrécissements qui en résultent siègent en des points très différents de ceux qu affectent les rétrécissements usuels, à savoir : sur la porlion tout à fait antérieure de l’urèthre ou bien, alors que la verge a été partiellement détruite (comme dans le cas précité), sur des points avoisinant l'extrémité du moignon pénien.

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