GOMMES MUSCULAIRES
raison de leur situation profonde. Le plus habituellement toutefois elles se rapprochent, autant qu’on en puisse juger, de la configuration ovoïde et donnent aux doigts la sensation de ce que serait une noisette ou une olive logée dans le tissu de l’organe. Parfois encore on en rencontre d’aplaties et d’allongées en forme d’amande.
Tantôt il n’existe qu’une seule de ces tumeurs dans le parenchyme lingual. Tantôt et presque aussi fréquemment en en trouve plusieurs, c’est-à-dire deux, trois ou quatre. Il est très rare qu’on en observe davantage, sauf dans une forme spéciale que jekdécrirai plus tard. — Lorsqu’elles sont multiples, ces gommes musculaires se présentent soit isolées et à distance, soit réunies, groupées côte à côte.
Evolution. — Symptomatologie. — Ainsi constituées comme lésions, quelle évolution affectent ces gommes musculaires, et comment se caractérisent-elles cliniquement?
Comme évolution, d’abord, elles observent la marche habituelle des gommes de tout siège. C’est dire que, livrées à leur évolution propre, elles traversent successivement les quatre étapes classiques de formation ou de crudité, de ramollissement, d’ulcération et de réparation cicatricielle.
Voyons quel aspect elles présentent à chacune de ces périodes.
I. — A la période de crudité, ce sont des tumeurs solides et dures. On apprécie facilement ce double caractère rien qu’en promenant le doigt à la surface de la langue. On sent alors une ou plusieurs nodosités ( nodi ), que leur circonscription et leur consistance distinguent immédiatement et d’une façon très nette des tissus périphériques, restés souples et mous.
Il est possible, si la tumeur est minime, qu’elle ne soit appréciable que par le toucher. Cela n’est pas le cas usuel. Car, si peu qu’elle acquière un certain volume, la gomme se traduit à simple vue par un relief, une saillie, une bosselure. Cette bosselure est nécessairement en rapport avec le volume, le nombre des tumeurs, et aussi avec le degré de réaction exercée sur les parties voisines. Souvent elle est assez considérable. La langue subit alors une déformation plus ou moins accentuée. Ainsi, en nombre de cas, on la trouve très notablement tuméfiée en un point circonscrit, soit sur l’une des moitiés latérales de l’organe (ce qui est le cas le plus fréquent), soit vers la pointe, soit plus rarement à la base. Il n’est pas très rare qu’au niveau du point affecté elle soit doublée de volume pour le moins. On dit même l’avoir vue offrir une épaisseur « triple » de ses dimensions normales. (Exemple: sur deux pièces du musée de Saint-Louis nos 182 (coll. gén.) et 432 (coll. part.), on voit une des moitiés latérales de la langue, énormément tuméfiée par une gomme, contraster comme volume avec l’autre moitié de la façon la plus étonnante).
Tels sont les phénomènes qui constituent la première période de la lésion.