‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 100 sur 204 · PARTIE m. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE m. — PRONOSTIC

contre l'apparition actuelle d'une nouvelle manifestation. Or, la procréation d'un enfant vérole est bien certainement chez l'individu qui l'a effectuée , l'une des manifestations les plus incontestables de la syphilis constitutionnelle. Il ne répugne donc pas de penser que, dans l'exemple ci-dessus , le mercure prescrit depuis peu suffisait encore à maintenir l'humeur séminale du père en bon état ; et qu'elle a, au contraire, repris ensuite le mode syphilitique, à mesure que l'effet du traitement s'est épuisé avec le temps. On trouverait dans cette idée l'indication de renouveler le traitement antisyphilitique à chaque nouvelle grossesse. Ce conseil, que d'autres observations tendent à justifier, sera discuté avec l'attention qu'il mérite dans la cinquième partie.

La seconde explication consisterait à supposer, que le mari, mal guéri (comme cela est prouvé de par l'événement) de sa maladie vénérienne, l'a transmise à sa femme entre la première et la deuxième grossesse, et que le second enfant recevant l'infection des deux chefs paternel et maternel, a dû naturellement en souffrir davantage que son aîné qui n'avait subi que la première.

Mais, parmi les cas exceptionnels de cette espèce, il y en a où le mari, infecté autrefois pendant son célibat, n'a eu aucun nouveau symptôme, ni primitif ni constitutionnel, à dater du jour de ses noces. Comment concevoir qu'il ait communiqué quelque chose à sa femme? Ici c'est l'infection de la mère par le fœtus

qui peut seule rendre raison de l'exception à la loi de décroissance ; et l'on peut mêmedire — tant cette loi est incontestable — que les faits de cet ordre, tout en recevant leur explication de la contagion ainsi transmise à la mère, constituent eux-mêmes des preuves solides en faveur de ce dogme. Car si l'on ne conçoit la croissance qu'en admettant l'infection de la mère par son fruit, la réalité de ce mode d'infection est à son tour rendue très-vraisemblable par l'augmentation progressive des désordres dans des grossesses successives, phénomène tout à fait insolite. C'est à ce double titre que je produis le fait suivant :

En 184-3, M. Campbell ( 4 ) fui consulté pour une dame qui était pour la quatrième fois enceinte. Son premier enfant était né à 8 mois et ne vécut que onze jours. Le second vint à 7 mois et ne survécut qu'une heure. La troisième grossesse se termina par une fausse couche à 6 mois. M. Campbell s'assura qu'elle n'avait jamais eu de symptômes syphilitiques. Le mari avoua que, 17 ans avant son mariage, il avait eu plusieurs fois la syphilis et ne s'en, était, bien qu'on lui affirmât le contraire, jamais cru complètement guéri. Du reste, il n'en présentait alors aucune trace. On administra du mercure aux deux époux. Ils eurent ensuite une petite fille qui vint à 8 mois, vivante et bien portante.

Ici le père ne pouvait plus rien transmettre à sa femme ; mais il a communiqué le mal à ses enfants. Ceux-ci l'ont propagé à leur mère par le sang qu'ils lui rendaient. Et l'on peut, en suivant l'époque de plus en plus précoce des fausses couches successives, voir

(') TheLond. and Edimb. Monthly journ., 1844, p. 514.

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