PARTIE III. PRONOSTIC
les effets, graduels de cette contamination dont elle ne paraît pas, elle, avoir souffert personnellement, mais dont l'effet délétère sur la vitalité de sa progéniture a été en augmentant.
Dans d'autres cas, la mère ne résiste pas à ce choc en retour que lui porte chaque nouvelle gestation. Sa santé, jusque-là intacte, s'ébranle à la première : après la seconde, des signes évidents de syphilis éclatent. On retrouve trait pour trait ce tableau symptomatologique dans l'observation suivante :
M. T..., ayant eu quatre affections vénériennes imparfaitement traitées, se maria. Il était faible, mais sans aucun symptôme spécifique. Un an après, sa femme accoucha d'un enfant en apparence bien constitué, mais qui, à trois semaines, présenta une éruption pustuleuse syphilitique très-caractérisée. A partir de ce moment, madame T... eut une santé chancelante. Son enfant mourut à 1 1 mois. Elle eut ensuite un second enfant qui mourut, comme le premier, à 10 mois. Quatre ans après, elle fut atteinte de pustules sèches cuivreuses, de fissures et de gerçures à la paume des mains. M. T..., n'ayant eu depuis son mariage aucun symptôme vénérien bien prononcé, ne suivit pas de traitement. Mais il lui survint deux exostoses (*).
Une disparate significative se remarque entre les cas de décroissance et ceux de croissance ; et elle est tellement tranchée dans les observations citées précédemment comme exemple, qu'elle ne saurait avoir passé inaperçue aux yeux du lecteur. C'est que dans tous les
('J De l'Extinct. de la mal. vénér., 1834, p. 50.
faits de décroissance la mère était syphilitique, seule ou de concert avec le père ; dans tous ceux de croissance, au contraire, l'affection des premiers enfants procédait du père seul. A quoi tient ce contraste? Il ne peut se comprendre que d'une seule manière. Si, dès la première couche, la mère est malade — le père l'étant ou non — la diathèse doit aller chez eux en diminuant, parce que le père, sachant se défendre de la contagion qui lui viendrait de sa femme, et n'étant point exposé à la subir de par les fœtus, y échappe et n'apporte jamais de son chef un nouvel élément d'infection à ses enfants ultérieurs. Et en réalité, les effets de la diathèse, qui s'apprécient par l'époque variable de la mort des enfants, montrent qu'elle va effectivement dans ce cas en diminuant. — Le père seul, au contraire, était-il d'abord infecté? Alors, il n'est pas étonnant que l'intluence exercée sur la vie des enfants devienne de plus en plus délétère; car, tôt ou tard, soit par la faute de son mari, soit par le tort involontaire des enfants qu'elle porte dans son sein, la femme participe à la diathèse. Et, à partir de ce moment, elle ajoute au principe fœticide que le père avait d'abord seul fourni, un élément nouveau et d'autant plus actif que, renforcé à chaque nouvelle grossesse, il réalise dans sa littérale rigueur, le classique vires açquirit eundo.
§ 4. — Transmission de la syphilis du fœtus à sa mère.
En abordant celte importante et mystérieuse ques-