‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 105 sur 204 · PARTIE III. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE III. PRONOSTIC

h us par la dissidence qui les sépare sur plusieurs autres poiuls s'accordent entièrement pour opiner cette fois dans le même sens. Or, cette preuve, je me trouve en mesure de la fournir en faveur de la réalité de l'infection de la mère par le fœtus. M. Ricord (') m'écrivait : « Cette opinion n'est pas facile à démontrer sans contestation ; car on peut toujours plus on moins douter de la vertu des femmes. Mais, malgré l'incrédulilé et le scepticisme auxquels m'a conduit ma longue pratique, j'ai dû me rendre à l'évidence des faits.»

De son côté, M. Depaul persiste, me dit-il, à regarder comme conséquence d'une observation rigoureuse la proposition suivante : « La mère étant incontestablement saine, et la syphilis n'ayant pu être transmise que parle père, et seulement au moment de la fécondation, l'embryon, seul malade pendant quelque temps, pourra à son tour, pendant son séjour clans l'utérus, infecter sa mère ( 2 ). »

Les termes dans lesquels M. Ricord a publiquement exprimé cette manière de voir, sont les suivants : « Le mari peut procréer un enfant infecté qui propage le virus secondaire à la mère; car celle-ci était restée saine, quoique mariée, tant qu'elle n'avait pas eu d'enfants ( 3 ). »

Personne , assurément , ne voudra croire qiic

(') Gaz. méd. de Paris, 1849, p. 753. Celte manière de voir a d'abord été émise par l'illustre syphilograplie dans ses leçons de 1847.

( 2 ) Extrait du Mémoire lu à l'Acad. de méd., le 29 avril 4851 .

(s) The Lancel, 1848, p. 384.

MM. Ricord et Depaul professent aussi explicitement une pareille doctrine sans avoir par devers eux bon nombre de faits à l'appui. M. Depaul, je le sais pertinemment, se propose de les publier bientôt. En attendant, je vais rapporter ceux venus à ma connaissance.

M. T..., ayant eu quatre affections vénériennes imparfaitement traitées, se maria. Il était faible, mais sans symptômes spécifiques. Un an après, sa femme accoucha d'un enfant en apparence bien constitué, mais qui eut, à trois semaines, une éruption pustuleuse syphilitique très- bien caractérisée. A dater de ce moment, M me T... eut une santé chancelante, et une abondante leucorrhée. Cet enfant mourut à 1\ mois. Un second succomba à 10 mois. Quatre ans après elle fut atteinte de pustules sèches, cuivreuses, fissures, gerçures à la paume des mains. M. T... n'ayant eu, depuis son mariage, aucun symptôme vénérien bien prononcé, ne suivit pas de traitement. Mais il lui vint deux exostoses, aux suites desquelles il succomba, épuisé aussi par les effets d'un rétrécissement de l'urètre (').

Madame P..., mariée en octobre 1848, bien portante avant et depuis son mariage, accoucha le 30 mai 1 849 (quoiqu'elle ne se crût enceinte que de huit mois) d'un enfant petit, mais vif et bien portant.

M. le docteur Semanas, qui avait fait l'accouchement, reçut, à quelques jours de là, la visite du mari qui venait le consulter pour une éruption ancienne du cuir chevelu. M. Semanas reconnut là des pustules syphilitiques, et, de plus, une alopécie, ainsi que des syphilides palmaires trèscaractérisées.

M.P... raconta que cette affection, dont il ignorait, disait il, l'origine, remontait à plusieurs mois avant son mariage. Il

(') Troncin, de VExtinct. de la mal. vénér., 1834, p. 50.

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