V. Cl. Guérard ( 5 ) raconte qu'une femme d'une famille
(') Tr. de la mal. vénér. chez les enf. nouveau-nés, p. 163. {-) Gaz. méd. de Paris, 1831, p. 392.
( 3 ) Page 33t.
( 4 ) Allgmcin mediz. Annal., février 1829, p. 194. ( 3 ) Journ. de Siebold, t. X, § 533.
distinguée et d'excellente réputation, mit au monde un enfant couvert de taches fauves, et d'ulcères siégeant surtout aux doigts et aux orteils, qui furent unanimement reconnus peur syphilitiques. Elle n'avait jamais eu de maladie de ce genre, pas même de pertes blanches. L'auteur l'examina et ne trouva chez elle aucune trace suspecte. — Le mari avoua que peu de temps avant de procréer cet enfant, étant en voyage, il avait pris un chancre. Au moment où on l'examina il offrait des taches cuivrées au front, aux pieds, à la région sternale et souffrait de douleurs ostéocopes. Il fut guéri par le sublimé et l'enfant par le mercure soluble d'Hahneman.
M. Bœhr(') a connu un M. de W... qui contracta un chancre dont un traitement mercuriel le débarrassa. Quelque temps après sa guérison, sa femme légitime vint le rejoindre; elle devint bientôt enceinte, et pendant toute sa grossesse ne montra aucun signe qui pût indiquer une infection syphilitique. Elle donna le jour à une fille qu'elle allaita. A trois semaines l'enfant fut couverte d'ulcères rongeants, profonds entre les fesses, à l'anus et aux grandes lèvres, de taches d'un rouge cuivré aux mollets. Elle présentait en même temps un coryza avec production de croûtes d'un aspect particulier. L'auteur administra le mercure à l'enfant, dont la maladie, jusque-là rebelle à tous les autres moyens employés, s'améliora dès lors très-rapidement et guérit.
Ces faits ne sont pas les seuls que j'eusse pu rassembler. Mais ils suffisent pour établir que la syphilis de l'enfant ne reconnaît fort souvent pas d'autre cause que la syphilis du père. Ce point vidé soulève une autre question plus pratique et non moins importante.
Un homme qui a eu la vérole, mais exempt actuellement de tout symptôme, engendrera- l-il un enfant syphilitique?
(') Journ. (1er pract. heilkunde, 1830.