‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 112 sur 204 · PARTIE III. PRONOSTIC. 2.Ï · texte numérisé non relu

PARTIE III. PRONOSTIC. 2.Ï

opinion éclectique à laquelle je nie rattache, et que je m'efforce de faire prévaloir.

A. Le nombre de ces cas, indépendamment de leur qualité, est un premier argument dont pas un praticien quelque peu répandu ne contestera la valeur. Le chancre primitif, chez le nouveau-né, est une exception. Les voies et manières par où il le pourrait prendre sont tellement contre nature, imprévues, extraordinaires, qu'un fait de cette espèce, bien authentique, fait époque, on peut le dire, dans la carrière d'un médecin ; qu'il faut être spécialiste, et spécialiste fort occupé, pour en avoir observé plusieurs. Au contraire, quel est l'homme de l'art qui n'ait, un certain nombre de fois, reçu les plaintes d'une nourrice infectée, dit-elle, par l'enfant qu'on lui a confié? Et, dans ce cas, si l'on remonte à la source, presque toujours les parents justifient par leur conduite et leurs antécédents les soupçons dont ils sont l'objet ; de manière que , sans décharger entièrement la nourrice, ces premiers renseignements, même avant l'examen direct de ses régions contaminahles, suffisent ordinairement, en logique usuelle et courante, pour détourner d'elle une large part de la responsabilité. Au résumé, et en d'autres termes : le nombre des chancres primitifs qu'on peut constater cliez le nouveau-né est hors de toute proportion avec le nombre des femmes qui disent avoir contracté la maladie vénérienne en allaitant un enfant étranger.

B. Aussi est-ce, en général, à un chancre pi'is con-

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jugalement ou pseudo-conjugalement par la nourrice que l'école ultra-Ricordienne attribue l'origine du mal qui l'a d'abord infectée et qu'elle communique ensuite à son nourrisson. Et comme, dans cette hypothèse, elles ont intérêt à cacher leur mal, intérêt à faire croire qu'il provient de l'enfant, on a usé sans ménagement de leur situation pour affirmer que ce calcul qu'elles auraient tant d'avantage à faire si elles étaient coupables, elles le font toujours parce qu'elles sont coupables. Certes, je ne me ferai pas l'églogiaque défenseur de la pureté des mœurs villageoises. 11 ne reste guère plus d'illusions au médecin sur la vertu des chaumières que sur l'austérité des cours. Mais si la débauche élude, par sa nature même, toute tentative faite pour la mesurer selon les temps et les lieux, ses résultats pathologiques, — seul point d'ailleurs qui nous intéresse, — n'échappent pas à la constatation de l'homme de l'art. Or, l'observation générale prouve que, à la campagne, passé un rayon de 15 à 20 lieues autour des grandes villes, la syphilis est extrêmement rare. Dans tel canton, elle est, presque de temps immémorial, ignorée, surtout chez les femmes. Si elle commence dans un ménage c'est à peu près infailliblement par le mari. Eh bien ! au sein de cette tranquillité, que le médecin du pays peut au besoin certifier, la vérole éclate dans une famille : chose plus remarquable encore ! elle passe de la femme aux enfants, au mari, aux enfants des voisins. Or, cherchez dans ces cas malheureux, et vous trouverez toujours,

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