‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 115 sur 204 · PARTIE III. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE III. PRONOSTIC

condition d'accident primitif à celle de lésion secondaire . « Le chancre, dit-elle, s'est transformé sur place en tubercule muqueux ; de manière que lorsque l'observateur arrive un peu plus tard — (et je reconnais que c'est le plus habituellement le cas dans la transmission de la vérole aux nourrices) — il ne trouve plus qu'un tubercule muqueux là où quelques jours auparavant il aurait pu constater un chancre primitif. » — J'admets, je le répète, l'exactitude, et je comprends toute la portée pratique des observations faites par M. Ricord sur ce sujet avant lui inaperçu. Mais, dans l'espèce, son application trop absolue soulève quelques objections graves. Je ne parle pas de la témérité qu'il y aurait à soutenir que le médecin n'est jamais arrivé à temps pour voir le chancre autrement que métamorphosé ('). Et cependant, la remarque que je fais a d'autant plus de force que chaque cas de ce genre nécessiterait, pour que l'hypothèse susdite l'expliquai, que l'homme de l'art méconnût à la fois deux chancres, un sur l'enfant, l'autre sur la nourrice ; — deux chancres d'origine non simultanée mais successive, — deux chancres implantés sur des terrains essentiellement différents ; qui n'auraient donc guère pu tous les deux passer sans y laisser de vestiges reconnaissables. Mais il est d'autres considérations plus probantes encore contre l'interprétation exclusive des transmis-

(') Je cite plus loin (Voy. p. 275) dos cas où rexame:i a pu être fait un mois et même trois semaines seulement après le début des accidents.

sions de nourrisson à nourrice par la transformation in situ du chancre. Ainsi :

D'après M. Ricord, tout chancre primitif qui a infecté était un chancre induré.

Or, dis-je à mon tour, un chancre qui se transforme en tubercule muqueuxest bien certainement un chancre infectant, puisqu'il donne sur place même la preuve de ses propriétés sous ce rapport. Par conséquent ce chancre devait être un chancre induré.

Si donc, au lieu où la nourrice accuse que ses accidents, ultérieurement généralisés, ont débuté, vous ne trouvez pas d'induration ; si vous n'en trouvez pas, quoique aucun traitement mercuriel n'ait été administré, ne pouvez-vous pas, opposant l'autorité de M. Ricord lui-même aux conclusions trop explicites de ses imprudents amis, leur demander sur quoi ils s'appuient pour affirmer qu'un chancre a existé dans ce lieu?

F. Le bubon suppuré manque à peu près complètement dans le cadre des symptômes de la syphilis congéniale. N'est-ce pas là une forte présomption que les chancres ne sont pas, dans le jeune âge, aussi communs qu'on le prétend? — On répondra ceci : « Si le bubon suppuré est rare chez les enfants frappés de vérole constitutionnelle, c'est justement parce que le chancre qui donne la vérole ne s'accompagne pas de bubons suppurants. » La proposition est exacte : mais elle n'est point une réponse ; car j'ai seulement demandé : pourquoi, chez les enfants, s'ils sont aussi sujets qu'on le dit à prendre des chancres primitifs,

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