‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 116 sur 204 · PARTIE III. — PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE III. — PRONOSTIC

ne voit-on jamais ces chancres produire de bubon suppuré? Seraient-ils donc condamnés , quand ils gagnent ainsi un chancre, à l'avoir fatalement toujours infectant, c'est-à-dire induré! Ce serait, certes, jouer de malheur : mais ceci même ne saurait donner gain de cause contre moi. Car si ces chancres sont tous indurés, ils doivent tous laisser une trace visible. Or, je poserais alors la même question que tout à l'heure : trouvez-vous bien souvent, dans ces cas, des indurations caractérisées ?

G. La marche de la maladie et son haut degré de contagiosité fournissent encore autant de signes qui séparent la syphilis des nourrices de celle des adultes, et autorisent par conséquent à l'attribuer à une origine distincte. Quelquefois, il est vrai, la lésion première , celle du mamelon , demeure longtemps la seule. Mais dans beaucoup de cas, au contraire, on la voit presque immédiatement suivie de lésions constitutionnelles ; celles-ci éclatent sur divers points du corps sans qu'un temps d'incubation, de latence ait, comme à la suite du chancre primitif, précédé leur développement. Enfin, il n'y a pas non plus de période aussi longue que chez l'adulte entre les phénomènes secondaires et les tertiaires. — Ce n'est pas là cependant, j'en conviens, une différence capitale. Loin de moi la pensée de soutenir que toutes les manifestations soient ici confondues et l'ordre de leur apparition interverti. Non; je veux seulement dire qu'on remarque alors une succession plus hâtive ,

plus précipitée des phases ordinaires de la maladie.

C'est surtout chez les personnes infectées médiatement par la nourrice que ce cours plus rapide des symptômes se fait observer. On en lira tout à l'heure dans ce travail des exemples frappants.

H. Quant à la contagiosité de ce virus congénial, à moins d'erreur grossière, constante, unanime chez tous les auteurs qui en ont rapporté des exemples, elle paraît aussi effrayante qu'incontestable. J'ai déjà montré ci-dessus (V. p. 212) que, en droit, cette propriété semble très-rationnellement devoir être une de ses prérogatives. Mais ici, — événement bien rare parmi les faits que l'induction s'ingénie à prédire, — l'expérience dépasse encore les prévisions de la théorie. Tous les observateurs ont signalé la propagation des symptômes par le plus léger contact du nouveauné soit à la nourrice, soit d'elle à ses enfants, son mari, ses parents, ses voisins de tout âge; de telle sorte qu'il n'est pas rare devoir deux ou trois familles victimes de la présence d'un seul nourrisson vérole. Témoins de ces malheurs, plusieurs médecins ont même exagéré les conséquences légitimes à en tirer. en supposant que ce contagium spécial s'augmente graduellement par ses progrès. Le plus éclairé, et sans doute l'un des moins enthousiastes, le savant Colles écrit textuellement ('). « Les personnes de la famille de la nourrice peuvent aussi contracter la maladie, et plus facilement qu'elle ; car ce virus semble prendre

(') On the ven. itis., 1837, p. 28=>.

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