‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 119 sur 204 · PARTIE 111. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE 111. PRONOSTIC

de la bouillie à son jeune frère, s'infecta aussi et contracta des ulcères à la gorge. Le mari, en cohabitant avec sa femme, gagna des pustules plates et un chancre dans la gorge.

M. Seutin, passant dans cette commune et informé de l'affection qui en ravageait plusieurs habitants, soumit toutes les personnes infectées à une enquête sévère et minutieuse. Il en conclut que l'auteur ne pouvait être que le fils Hauwaert, victime, ainsi que sa mère, du nourrisson venant de l'hôpital. Effectivement, le fils Hauwaert ayant été examiné fut trouvé porteur d'un vaste chancre induré à la gorge, et d'une perforation du palais, suite d'un ulcère rongeant (').

M. Joly, après avoir fait cette relation, ajoute (même journal, 1853, p. 316) : « J'ai rapporté ce fait d'après les membres mêmes du conseil des hospices. Tout cela a été constaté par une enquête instituée par celui-ci. »

Un soldat rentrant dans ses foyers, dit M. le docteur Facen ( 2 ), communiqua la syphilis à sa femme. Elle devint mère d'un enfant qui en offrit, peu de jours après sa naissance, les symptômes. Il avait notamment des ulcères à la bouche et mourut.

La nourrice à qui on le confia reçut de lui la même maladie dont elle ne guérit que par le mercure. Un enfant, à qui elle donna le sein, fut atteint de la même affection qui lui fit courir de grands dangers. La mère de cet enfant ne tarda pas à offrir des signes de vérole constitutionnelle très-intense. — Une jeune fille de 18 ans, à qui ce dernier enfant avait été donné en garde, eut, par suite de ses rapports avec lui, des pustules d'abord à la bouche, puis à la vulve. Le mercure lui rendit la santé.

La mère du dernier enfant avait pris un autre nourrisson. L'affection se développa chez lui et il infecta sa sœur, une fille de 10 ans, qui le soignait et qui, par suite probablement de baisers, offrit des symptômes à la bouche d'abord, et plus tard aux parties génitales.

(') Journ. de méd., chirur. etphann. de Bruxelles, 1 853, p. 92. f) Gazz. med. Lombarda, n° de mai 1849.

La mère de ces deux enfants-là, âgée de 50 ans, ayant avec eux des rapports fréquents, contracta elle-même des symptômes, pour la guérison desquels un traitement antisyphilitique fut nécessaire.

Ainsi un seul enfant a suffi pour infecter directement ou indirectement, et de la manière la plus grave, sept personnes !

Je reconnais combien l'insouciance, la malpropreté, l'ignorante sécurité de ceux qui s'exposent, la fréquence et l'intimité des contacts peuvent avoir agi dans des cas pareils pour multiplier les transmissions. Mais, malgré toutes ces circonstances, je ne puis m'empêcher de poser une dernière fois aux dénégateurs de la communicabilité congéniale, cette simple question : Cette propagation du mal si prompte, si étendue, presque fatale dès qu'il y a un nourrisson en jeu, la voyez-vous bien souvent lorsqu'il n'y a qu'un chancre primitif d'adulte ?

On répondra, je m'y attends, qu'un homme atteint de chancre connaît le danger de la contagion, n'y expose point ceux qui l'approchent, n'a pas avec eux des rapports obligés et de tous les instants comme la nourrice, qu'il peut vivre et se guérir, isolé ; qu'en un mot, la seule raison de ces transmissions si nombreuses est dans la nature même des contacts que les soins du nourrissage exigent, et non dans une différence de la lésion qui en est l'agent.

Cette objection est plus que spécieuse ; elle a une valeur réelle. Et quoiqu'elle ait déjà été discutée incidem-

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