PARTIE III. PRONOSTIC
Son enfant « eut bientôt » des pustules vénériennes et des ulcérations à la marge de l'anus. Il fut guéri par le traitement indirect.
Madame N... d'habitudes irréprochables, dit M. Viani (*), revint d'Egypte en Italie auprès de son mari en 1838. Elle accoucha d'un enfant qu'elle allaita d'abord. II lui vint des ulcérations syphilitiques aux mamelons, bien qu'elle ignorât être atteinte de cette maladie. Alors, elle le donna à une nourrice qui fut bientôt prise, ainsi qu'une seconde et une troisième, de symptômes syphilitiques évidents.
Comme il n'est pas fait mention que l'enfant eût offert d'accidents avant sa mère, il me paraît extrêmement probable que le mal venait de celle-ci, et qu'elle le tenait de son mari, dont les habitudes, moins irréprochables peut-être, n'ont sans doute pu tenir contre l'absence prolongée de son épouse. — Dans ces deux cas, il semble donc très-vraisemblable que loin de recevoir l'infection de son nourrisson, c'est la mère qui la lui a communiquée. Nous verrons plus loin (partie IV, Médecine légale) une observation empruntée à M. Bardinet, où une mère accusant d'abord son propre enfant de lui avoir donné du mal par l'allaitement, avoua enfin que c'était par ellemême que le mal avait, au contraire, commencé.
Enfin, comme toute règle, celle-ci doit avoir ses exceptions. L'observation suivante de M. Cazenave est la seule que j'aie rencontrée. Encore peut-on se demander si les symptômes de la mère n'étaient pas dus
(«) Gazz. med. Lombarda, janvier 1849.
aune infection provenant du mari, si, par conséquent, leur apparition à la suite de ceux de l'enfant n'a pas été une coïncidence fortuite au lieu d'un effet lié à sa cause.
La nommée C..., 30 ans, n'avait jamais eu de symptôme primitif appréciable. Son mari avait été infecté; et son dernier enfant, qu'elle avait nourri, était mort d'une éruption que la mère disait semblable à celle dont elle était porteur lors de son entrée à l'hôpital Saint-Louis. Après la mort de cet enfant, elle avait eu des engorgements laiteux suppures, puis des ulcérations aux mamelons. Elle jouissait depuis lors d'une bonne santé, lorsque sous l'influence et lors de l'apparition des menstrues, cette femme vit se développer sur ses bras une éruption de petites taches cuivrées, bientôt sur montées par des vésicules qui, séchant sur place, donnèrent lieu à de petites écailles furfuracées. M. Cazenave y reconnut une syphilide vésiculeuse, qui s'étendit ensuite au cou et au front. Dans ce dernier point, elle présentait aussi quelques tubercules syphilitiques non ulcérés.
Mais, je le répète, il faudrait compulser avec beaucoup de soin les archives de la science pour découvrir un fait équivalent à celui-ci. On est donc pleinement autorisé à poser en principe que :
Jamais un enfant né vérole par le fait de l'un ou de l'autre de ses parents, ne communique le mal à sa mère qui Vallaile. — L'importance extrême de cette loi au point de vue de la thérapeutique paraîtra, je l'espère, une justification suffisante pour les développements que j'ai cru devoir donner à l'exposé de ses considérants. Car souvent le nouveau-né syphilitique