‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 13 sur 204 · PARTIE I. ÉTI0L0G1E · texte numérisé non relu

PARTIE I. ÉTI0L0G1E

tion pustuleuse syphilitique très-caractérisée. Il succomba à onze mois(').

Mais cet état de diathèse syphilitique sans manifestations présentes offre deux périodes bien différentes : ou le malade, au moment où il engendre, se trouvait entre deux poussées successives d'accidents constitutionnels ; ou bien il élait dans cet intervalle de temps qui s'écoule depuis l'apparition d'un chancre primitif jusqu'à la première éclosion des phénomènes secondaires. Est-il également apte, dans le second comme dans le premier cas, à transmettre la syphilis par le sperme? Les faits suivants ne permettent pas d'en douter.

Un jeune homme eut pour la première fois un chancre au commencement de l'été de 1839. Il fit 70 jours de traitement mercuriel, et se maria au mois d'octobre de la même année sans avoir eu aucun symptôme de syphilis générale. — Sa femme devint enceinte en janvier 1840. — Au mois de mars, le mari eut sur les amygdales des plaques muqueuses pour lesquelles il prit de nouveau du mercure. — L'enfant naquit à terme en septembre 1840. Le 3 me jour, il présenta des taches qui devinrent d'un rouge terne, cuivré, et s'étendirent sur tout le corps. Un coryza intense s'y joignit. L'enfant s'affaiblit et succomba à 15 jours ( 2 ).

En 1823, M. Campbell d'Edimbourg ( 3 ) assista une dame dans une fausse couche à six mois. Elle avait déjà eu le même accident dans une première grossesse. Il se reproduisit encore une troisième fois en 1824. Le mari était un jeune

( 1 ) Troncin, de VExtinct, de la mal. vénér., p. 50.

( 2 ) Barsereau. Tr. des affections de la peau. Symptôm. de la syphilis, 1832, p. 540.

(') TheLond. and Edimb. Monihly journ., 1814, p. 51 i.

médecin; il confessa avoir eu, six mois avant son mariage, un chancre qui fut diagnostiqué tel par quelques-uns de ses confrères ainsi que par lui. Aucun autre accident ne parut jusqu'à l'époque où il se maria. M. Campbell ne trouva sur les deux époux aucune lésion de nature syphilitique. Il les soumit l'un et l'autre à l'administration du mercure. Cette dame devint bientôt enceinte de nouveau, et accoucha à terme d'un garçon bien constitué qui vécut, sans avoir de syphilis.

Outre la réponse très-positive que ces observations fournissent à la question posée ci-dessus, j'en tirerai deux conséquences pratiques. La première, c'est qu'un traitement mercuriel, même institué dès l'apparition du chancre primitif, même continué alors fort longtemps, ne prévient ni ne corrige à coup sûr la perversion spéciale que la fonction prolifique a subie. La seconde, c'est que, à en juger du moins parles faits ci-dessus, le fœtus ne paraît pas être infecté moins gravement par un père en incubation de vérole que par un père en pleine vérole. Aussi refuserais-je jusque nouvel ordre de souscrire à celte sentence que M. Prieur (') dit avoir empruntée aux leçons orales de M. Ricord : « Les conditions transmises sont celles des parents au moment de la génération : si la syphilis est récente, l'influence est moindre que si des accidents intenses ont précédé. »

Je n'ai point, non plus, après les observations qu'on vient de lire, à combattre cette opinion qui soutient que le père ne peut pas transmettre la vérole à son

(') Thèses de Paris, 18oi.

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