PARTIE 111. — PRONOSTIC
qui fournit la sécrétion liquide la plus abondante ; enfin à ce qu'il est toujours le premier ou l'un des premiers en date dans l'ordre d'apparition que survent les diverses manifestations syphilitiques du nouveau-né.
Quant à la lésion par laquelle l'affection débute chez la nourrice, ce point n'est pas encore aussi bien déterminé. Il pourrait devenir le sujet d'un travail fort intéressant. Mais ce serait sortir du plan qui m'est tracé par le programme, que de vouloir l'entreprendre. Je rappellerai seulement que j'ai vu (p. 253) une plaque papuleuse, qui ne s'ulcéra pas le moins du inonde, être chez une nourrice la lésion initiale, le point de départ de la syphilis constitutionnelle qu'elle avait prise de son nourrisson.
| 6. — Transmission de la syphilis du nouveau-né à des personnes étrangères.
La nourrice ayant avec l'enfant les rapports les plus fréquents et les plus intimes, il est naturel qu'elle soit particulièrement exposée à recevoir de lui la contagion. Mais d'autres personnes peuvent également la contracter par de simples attouchements fortuits avec les parties infectées. Ceci prouve bien que, à l'instar du pus chancreux et du liquide blennorrhagique, la communication de ce virus est favorisée par la chaleur, la congestion sanguine, l'éréthisme nerveux des organes sur lesquels il est déposé, mais qu'aucune de
ces conditions n'est absolument indispensable à sa propagation d'individu à individu.
C'est surtout aux jeunes personnes qui soignent l'enfant, le portent dans leurs bras et le caressent, instinctif apprentissage des devoirs de la maternité ! que les symptômes se transmettent le plus souvent. Les deux observations de M. Facen, et de M. Pétrini, viennent, comme celle d'Ambroise Paré, comme le fait de M. Cazenave, de nous en offrir des exemples. Mais l'âge le plus avancé n'affranchit pas de ces risques. On a cité — et beaucoup trop souvent pour que je la reproduise ici — l'observation d'Egan qui vit une ulcération à forme de chancre se développer sur le cou d'une femme de 00 ans, à l'endroit où, s'étant précédemment piquée avec une épingle, elle avait gardé appuyée la bouche d'un enfant syphilitique. — Mais, d'après le peu de détails que contient le texte, il est impossible de décider s'il y eut là autre chose de transmis qu'un chancre primitif. .
Voici des faits qui me paraissent beaucoup plus probants :
Une femme qui avait pris la syphilis durant sa grossesse, eut un enfant qu'elle donna à garder à une femme âgée de 60 ans. Celle ci portait souvent la cuiller des lèvres de l'enfant aux siennes.
L'enfant à sa naissance était sain. Mais M. Starck l'ayant revu au bout de cinq mois, constata chez lui des symptômes de syphilis constitutionnelle. — Quant à la vieille femme, il trouva sur elle un ulcère rongeant de l'isthme du gosier, la cloison des fosses nasales détruite, des nodus à la région du