‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 132 sur 204 · PARTIE III. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE III. PRONOSTIC

tibia et à un avant-bras. Elle guérit ainsi que l'enfant par l'emploi des remèdes spécifiques ( l ).

M. Waller dit qu'une vieille femme de 70 ans contracta la syphilis d'un nourrisson infecté. Il fait remarquer que les symptômes se développèrent d'abord à la joue gauche et au côté gauche du cou, où elle avait l'habitude de tenir l'enfant appuyé, quand elle voulait l'apaiser ou l'endormir.

La transmission à des personnes d'un âge aussi avancé appuie avec une force infiniment supérieure la thèse que nous soutenons ; car on peut ici défalquer en toute assurance le coït et ses dérivés du nombre des causes qui auraient fait prendre le change à l'observateur. Aussi rapporterai-je encore un cas analogue cité par M. Bardinet. 11 concerne un enfant né de père et mère l'un et l'autre véroles, lequel, deux mois après sa naissance, eut des ulcérations aux parties génitales et à la bouche. Il infecta d'abord une nourrice étrangère. Puis la propre grand' mère de cet enfant, qui le soignait, lui donnait à manger et l'embrassait souvent, contracta à la gorge des ulcérations spécifiques qui, n'ayant point été traitées, duraient depuis quatre ans à l'époque où l'observation a été prise. — « Il est vrai, ajoute le consciencieux médecin de Limoges (mais je n'ai pu deviner si c'est une innocente raillerie qu'il se permet ici à l'adresse de ses adversaires) il est vrai que je n'ai pas visité les parties génitales de cette grand'mère ! »

(') M. J. Starck. The Edimb. med. and surg.journ., 1851, p. 306.

MM. Doyon et Dron ont vu à l'Antiquaille une vieille femme de 70 ans qui avait contracté aux lèvres des tubercules muqueux pour avoir soigné et fait manger un nourrisson que sa fille, âgée de 33 ans, allaitait. Cette fille (la femme Bl...) avait elle-même été infectée par l'enfant qui mourut à 3 mois et demi, le corps couvert d'une éruption de papules cuivrées. — Quant à la mère, lorsqu'elle entra à l'hospice (le 27 septembre 1833) on constata, outre l'état d'amaigrissement et de faiblesse qui datait du début de l'intoxication syphilitique, des tubercules muqueux ulcérés aux lèvres, notamment à l'inférieure, d'autres sur les amygdales, à l'anus et à la vulve.

Enfin, pour terminer ce qui a rapport à ces infections séniles, assez nombreuses, comme on le voit, je rappellerai ce fait observé par M. Loret (') où une cuiller portée de la bouche d'un nourrisson malade donna l'affection syphilitique à la nourrice, à la mère de cette nourrice, puis à sa fille, empoisonnant ainsi, dans la même famille, trois générations.

Je place ici la relation d*un cas, très-simple en luimême, mais que j'ai tenu à rapporter parce que je puis en attester personnellement l'authenticité :

Marie Meyn..., âgée de 37 ans, entra le 2 décembre 1852 à l'Hôtel-Dieu de Lyon. Il y a 10 mois, cette femme prit chez elle un nourrisson qu'on lui avait donné à sevrer. Elle se rappelle avoir souvent mangé avec la même cuiller que lui. Au bout de quelques semaines, elle s'aperçut qu'elle avait des ulcères dans la bouche, entre la joue et l'arcade dentaire inférieure. Ils ont depuis lors, sauf quelques variations, persisté sous la forme qu'ils ont aujourd'hui : longues fissures d'appa-

Procèsrverb. du congrès de Nantes, p. 136.

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