‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 133 sur 204 · PARTIE III. PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PARTIE III. PRONOSTIC

rence diphtéritique. Au bout de 3 mois, une éruption de papules cuivrées se fit au dos et sur la face antérieure du thorax ; elle s'accompagna bientôt de céphalalgie dont les retours étaient surtout intenses la nuit. Il s'y joignit deux pustules rouges, larges, à surface toujours humide, dit-elle, de chaque côté de l'anus.

Au bout de cinq mois, son mari prit à la bouche des ulcères qui existent encore aujourd'hui, sans aucune trace de lésion à la verge.

On examina la malade avec soin : elle ne portait aux aines, ni cicatrices, ni engorgements. Les parties génitales étaient saines. Elle a eu, depuis sa maladie, des ganglions engorgés sous le maxillaire inférieur; mais ils n'ont pas suppuré, ont à peine été douloureux. Ces glandes ont à présent le volume d'un petit pois.

Cette femme fut traitée par le protoiodure de mercure à l'intérieur. On saupoudra de calomel les plaques muqueuses de l'anus, et l'on toucha les ulcères de la bouche avec le nitrate d'argent.

Dès le 10 décembre, elle allait mieux ; les ulcères buccaux et les plaques étaient déjà sensiblement modifiés.

Le 20, elle était guérie de ces symptômes et demanda à sortir, promettant de continuer encore un mois son traitement.

Elle assurait que la mère de cet enfant avait eu la même maladie. — Déjà une première nourrice avait reçu de lui l'infection.

Quant à l'enfant, il a aujourd'hui 28 mois; mais il est grêle, étiolé, et n'a l'apparence que d'un enfant de 6 mois. — Depuis qu'elle l'a rendu à ses parents, elle sait que ceux-ci l'ont fait traiter. Mais il est encore si faible qu'il ne peut marcher.

Dans ces divers cas, ce n'est pas toujours directement de l'enfant à une personne étrangère que la contagion s'opère. Souvent un individu contaminé devient l'intermédiaire entre la source première et ses aboutis-

sants plus ou moins éloignés. On ne remarque pas, alors, que la maladie contractée par le contact avec un homme qui la tenait du nouveau-né, diffère, pour sa gravité, de celle reçue immédiatement du nouveau-né lui-même.

Colles prétend que dans ces transmissions multiples, « les symptômes des différents individus se ressemblent exactement, ce qui n'a pas lieu dans la syphilis ordnaire des adultes. » Ce sage observateur a, je crois, été ici le jouet d'une illusion. Les faits n'établissent pas du tout la constance d'une pareille similitude. Si elle paraît exister dans le plus grand nombre des cas, cela vient de ce que le symptôme qui se transmet le plus souvent est le tubercule muqueux, et que, étant le même, il doit effectivement alors se reproduire chez l'infecté avec des caractères identiques à ceux qu'il offrait chez l'infectant.

Page 1