‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 135 sur 204 · PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE

parents, une indemnité. Or, ces deux intérêts opposés, inconciliables, portant sur un même fait (dont ils dénaturent à l' envi , chacun dans un sens contraire, les moindres circonstances), engendrent des difficultés qu'augmentent encore les incertitudes et les dissidences de la science sur ce point spécial. Aussi la jurisprudence n'est-elle rien moins que faite à cet égard; et sans aspirer à la fixer, puis-je espérer de rendre quelque service en appliquant à la solution d'un aussi grave problème les données acquises par les recherches qui précèdent.

Supposer partout la dissimulation et la mauvaise foi est un pénible office; c'est pourtant celui que doit ici résolument prendre l'expert s'il veut arriver à reconnaître duquel des deux côtés se trouve l'innocence ; car il ne suffit point, en pareille matière, de partager également les torts entre les deux parties. Ce tempérament ne serait point à sa place. En effet, il y a toujours là à côté d'un coupable, une victime; et proclamer la vérité, quand il le peut, est une mission que l'homme de l'art ne trouverait dans sa conscience aucun motif de décliner, alors même que ses devoirs professionnels ne lui en feraient pas une obligation stricte. Examinons donc successivement les divers éléments dont il aura à tenir compte dans cette recherche ; tâchons surtout d'en bien préciser la valeur.

§ 1»— Moralité.

Bien qu'il ne faille jamais afficher à ce sujet un scepticisme impoli, les certificats de moralité et les renseignements analogues ne doivent exercer sur notre esprit qu'une très-faible influence. La syphilis n'est ni toujours le résultat d'une faute, ni toujours la conséquence d'une maladie des parents ou de la nourrice. Un voisin, un domestique a pu infecter l'enfant. Que prouverait alors la vertu la mieux constatée de ceux qui ont eu avec lui des rapports directs soit de parenté, soit de nourrissage? Dans cet ordre de considérations, je n'accorderais donc, au contraire, quelque importance, comme présomption de culpabilité, qu'à l'immoralité flagrante et avérée de l'une ou de l'autre partie.

| 2. — Santé antérieure et actuelle.

Il faut scinder la question en deux chefs :

A. Du côté des parents. — Les symptômes syphilitiques qui ont existé chez le père ou chez la mère sont ordinairement déjà effacés au moment de l'accouchement. A plus forte raison, le sont-ils lorsque, au bout d'un ou deux mois, il vient à s'en développer chez leur enfant. A plus forte raison le sont-ils lorsque la nourrice, les ayant contractés à son tour, porte plainte et fait enfin soumettre à l'examen les parents

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