PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE
ponsabilité; et l'accusation retombe sur la nourrice! — On a déjà trouvé dans les précédents chapitres de quoi réfuter des conclusions aussi arbitraires. Entre deux enfants véroles, il peut, des mêmes parents, en naître un sain, et réciproquement. Le traitement a corrigé la diathèse ; ou bien elle a disparu par suite de son aptitude à décroître spontanément. Ce sont là autant de faits dont la démonstration, je l'espère, est à présent complète pour le lecteur.
L'enfant né avec la syphilis la communique parfois à d'autres personnes que celle qui lui donne le sein; ou bien il infecte une de ses nourrices et en épargne une autre. Le fait de M. Petrini, déjà cité, en est un exemple. Il avertit le médecin-expert de ne jamais conclure de ce qu'une ou plusieurs nourrices sont restées indemnes, qu'une autre n'a pu contracter la maladie par ses rapports avec le même enfant. Rien n'est constant ni obligatoire en matière de contagion; je l'ai dit plus haut, mais c'est tout à fait ici le lieu de le répéter.
| 4. — Nature des symptômes.
Aux yeux de certains syphilographes, cet ordre de considérations suffirait le plus souvent à lui seul pour décider la conviction de l'expert. On ne trouve sur l'enfant que des papules muqueuses; donc ce n'est pas lui qui a transmis le mal !.... La nourrice aurait, elle aussi, à invoquer souvent le bénéfice de cette noncontagiosité des symptômes secondaires; et, chose
étrange ! une vérole constitutionnelle bien et dûment caractérisée, conférerait ainsi à sa victime l'inviolabilité contre toute poursuite de cette espèce !
Mais, à ce compte, malgré le nombre incessamment croissant des victimes, il n'y aurait presque plus de coupables ; car c'est la papule muqueuse, ulcérée ou non, qu'on trouve à peu près constamment chez la nourrice ou chez l'enfant, comme premier accident résultant de la transmission. Et les chancres primitifs , seul symptôme contagieux d'après cette théorie , n'existent chez l'un et l'autre qu'à l'état d'infiniment faible minorité. Forcée de recourir aux explications pour comprendre tous les faits dans son expression systématiquement restreinte, la théorie a donc eu recours à la supposition de chancres ignorés, oubliés ou dissimulés, aux transformations in situ des chancres en tubercules muqueux, aux chancres donnés à la nourrice par une personne autre que le nourrisson. Ce n'est pas ici le lieu de rappeler ce quia été répondu plus haut au sujet de ces diverses interprétations. Je dirai seulement, moi qui crois à la propriété contagieuse des tubei'cules muqueux congéniaux :
1° Que lorsqu'on trouve un accident de cette espèce sur la nourrice ou sur le nourrisson, on ne saurait être admis à conclure qu'ils n'ont pu ni le prendre ni le donner;
2° Que le tubercule muqueux partageant, dans ces circonstances, le pouvoir contagieux du chancre pri-