‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 139 sur 204 · PAKT1E IV. MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

PAKT1E IV. MÉDECINE LÉGALE

mitif, sa présence démontrée chez l'un des deux suspects devient, au contraire, une présomption que la communication syphilitique s'est opérée par là.

J'ajoute que, les symptômes congéniaux étant beaucoup plus évidemment contagieux que ceux de la vérole suite de chancres, si la nourrice a propagea plusieurs personnesle mal qu'elle porte, on a quelques motifs d'en inférer qu'elle l'avait elle-même contracté non par le coït, mais par ses rapports avec un nourrisson infecté.

§ 5. — Siège des symptômes.

Quand une nourrice est infectée par l'allaitement, c'est presque toujours par le sein que le mal débute chez elle ; et sur le sein, par le mamelon ou l'aréole. 31. Bardinet, qui a établi sur des faits nombreux la vérité de cette notion séméiologique, en a tiré le plus utile parti dans le cas suivant.

Une fille-mère, Anne R..., se présenta, avec son enfant âgé de 4 mois, qu'elle nourrissait, se disant infectée par lui.

Les seins n'offraient aucune lésion au mamelon, à l'aréole, ni aux parties environnantes. Us étaient seulement couverts de pustules muqueuses dans le pli qu'ils forment à leur partie inférieure en s'abaissant sur la poitrine. Des ulcères et des pustules muqueuses existaient aussi en grand nombre à l'entrée de la vulve. — Quant à l'enfant, il avait une ulcération à la lèvre supérieure et au menton, et des syphilides sèches sur quelques autres parties du corps.

M. Bardinet, jugeant surtout d'après le siège particulier des pustules mammaires, n'hésita pas à dire à la fille R. . . qu'elle en imposait. Celle-ci finit par convenir de son mensonge e^ avouer qu'elle avait été malade avant son enfant.

Bien que, dans le cas actuel, il n'y eût pas de pour-

suite judiciaire à craindre, on voit assez quels secours l'expert pourrait, lorsqu'un conflit de ce genre s'élève, puiser dans la détermination rigoureuse si judicieusement formulée par le savant médecin de Limoges.

§ 6. — Dale comparative des symptômes chez la nourrice et chez le nourrisson.

Cette donnée, quand elle peut être bien précisée, tranche la question. Des deux suspects, si l'un est convaincu d'avoir été le premier atteint, c'est évidemment lui qui est coupable. Les circonstances qui pourraient ôter à cet élément de certitude sa valeur diagnostique sont si rares qu'il est permis, au point de vue général, de n'en pas tenir compte. Il serait bien exceptionnel, en effet, que le même sujet, la nourrice par exemple, contractât d'abord un chancre par la voie ordinaire, puis reçût ensuite la vérole de son nourrisson. Et cependant, il convient de noter la possibilité d'une coïncidence pareille.

Mais ordinairement ce n'est pas de là que naissent les difficultés à reconnaître quel a été le premier atteint de symptômes contagieux. Le plus souvent la plainte ne se formule ou du moins n'aboutit à une visite médico-légale que plusieurs mois après le début des accidents chez le second infecté. Et alors, la différence d'aspect tenant à la différence de date a eu le temps de s'évanouir; car si l'on discerne aisément des lésions de huit jours d'avec celles qui ont un mois, la

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