‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 141 sur 204 · PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

PARTIE IV. MÉDECINE LÉGALE

y offrir alors, — avant qu'il s'en fût manifesté chez sa nourrice, — des symptômes spécifiques, sans qu'elle fût pour cela l'agent de l'infection. — Heureusement de semblables coïncidences sont très-rares.

§ 7. — Absence de symplômes primitifs.

La vérole constitutionnelle chez l'adulte commence, dit-on, toujours par un chancre. Secondement, dit-on encore, ce chancre laisse très-longtemps des traces visibles. Donc si une nourrice offre, ainsi que l'enfant allaité par elle, des accidents constitutionnels, et qu'elle n'ait sur le corps aucun vestige de symptômes primitifs, on peut en conclure que c'est son nourrisson qui l'a infectée, et non pas elle lui !...

Je vois avec étonnement, dans l'observation suivante, une semblable considération avoir dicté l'arrêt d'un tribunal.

Une petite fille, couverte d'une éruption regardée comme syphilitique par les médecins de l'hospice de Meaux, était en nourrice, à La Ferté, chez madame F...

Cette femme, ayant eu consécutivement des douleurs aux seins, puis des ulcérations, et plus tard une angine avec ulcération au fond de la gorge, fut examinée ainsi que son mari, et ne présenta point de traces anciennes ou récentes de syphilis primitive. Les médecins de Meaux en conclurent que la syphilis lui avait été transmise par le nourrisson ; et les tribunaux, appelés à statuer sur le dommage causé à cette nourrice , lui firent donner 2,000 francs de dommages-intérêts (»).

(') Gaz.deshôp., 1851.

Sans doute l'opinion des magistrats a été formée par d'autres circonstances de la cause. Mais les médecins-experts, appelés à se prononcer exclusivement sur la question scientifique, n'auraient pas dû oublier : 1° que le chancre est si peu la seule origine de la syphilis que, de leur aveu même, cette femme la prise de son nourrisson ; que, par conséquent, elle pouvait bien la tenir d'un second enfant ou d'une autre personne congênio-constiliitionnellement infectée; 2° que, même en supposant un chancre comme point de départ obligé de la syphilis, une petite cicatrice, surtout ancienne, perdue dans les plis de la vulve ou de l'arrière-bouche, a fort bien pu échapper à l'inspection la plus minutieuse.

Néanmoins, l'absence, aussi bien certifiée que possible, de chancre antérieur chez la nourrice, fonde une présomption assez forte en faveur de son innocence. Il serait aussi injuste de refuser à ce témoignage une place que de l'élever à la première.

| 8. — Présence de symptômes primitifs.

Dans la très-immense majorité des cas, la plus scrupuleuse recherche ne conduit à la découverte d'aucun chancre, soit chez l'enfant et ses parents, soit chez la nourrice et sa famille. Mais quelquefois cependant, l'un d'eux offre soit l'ulcère primitif, soit l'induration locale ou ganglionnaire persistante, caractéristique. Faut-il alors déclarer coupable celui des deux suspects qui semble ainsi porter sa propre

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