PARTIE I. — ÉTIOLOGIE
Ces détails sont précis et de nature, ce me semble, à entraîner la conviction. Or, puisque la semence altérée d'un père précédent a laissé dans sa femme une impression capable d'infecter les enfants subséquents issus d'un- autre que lui, pourquoi ne donnerait-elle pas lieu à cette même impression lorsqu'il s'agit d'un enfant à peine procréé et qui a encore à subir pendant sept à huit mois l'influence de la nutrition placentaire? Certes je ne méconnais point les différences qui séparent les deux cas : mais sont-elles assez profondes pour que, l'un étant aujourd'hui passé presque à l'état de fait démontré, on doive sans, plus ample informé, considérer l'autre comme absolument invraisemblable ou impossible?
Comme conclusion pratique , on peut déduire des données précédentes cette conséquence opposée à la plupart des doctrines régnantes, que lorsqu'un homme atteint de syphilis a cohabité avec une femme enceinte, surtout si elle ne l'est que depuis peu, il ne faut pas, quoiqu'elle n'ait contracté elle-même aucun mal, se rassurer complètement sur la santé de l'enfant qui naîtra ; et qu'il y a lieu pour le médecin de le tenir sous une surveillance vigilante durant les premiers mois de sa vie.
gilimement porter une pareille signification? Et n'est-ce pas rendre à l'observation son véritable sens que de la ranger au nombre de celles qui prouvent ce rôle d'agent de transport que l'économie de la mère peut jouer (sans en ressentir d'atteinte), pour la migration du virus syphilitique de l'homme au fœtus ?
| 2. — Influence de la mère.
La femme atteinte de syphilis constitutionnelle peut agir de deux manières sur le fœtus : soit en émettant un ovule vicié, soit en lui donnant pendant la grossesse des éléments de nutrition altérés par la diathèse. De là deux conditions infectantes possibles, de son chef : ou bien elle avait la syphilis au moment où elle a conçu ; ou bien elle l'a contractée postérieurement à l'acte de la conception. — Étudions successivement ces deux cas différents.
À. Influence de la mère infectée avant le moment de la conception.
Elle est claire, patente, indéniable. Appuyée sur la raison, soutenue par des faits innombrables, aucun auteur n'a songé à la mettre en doute ; et je ne sache guère que M. Cazenave ( l ) qui l'ait présentée comme moins puissante que l'influence paternelle.
Cependant, sans vouloir contester ce qui résulte de l'expérience journalière, je dois dire que la constatation de ce fait en apparence si simple est exposée , presque inévitablement assujettie à une grave cause d'erreur. Telle femme syphilitique accouche d'un enfant infecté. La filiation vous pai-ait évidente ; et c'est la mère que vous accusez, la mère qui est là sous vos yeux, avec des signes ou des vestiges significatifs de la maladie. Mais le père, absent, ou inconnu, ou dissi-
(') Traité des syphilides, p. 134.