‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 153 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

encore que l'induration soit entièrement dissipée depuis six à huit mois, à l'époque de l'union.

S'il y a eu des accidents constitutionnels, quelque légers qu'ils aient été, quelque traitement qu'on leur ait opposé... non mariable, à moins 1° que le sujet ne se soumette à un nouveau traitement, si le premier a été incomplet; 2° qu'il ne laisse écouler au moins deux ans, pour voir si quelque nouvel accident reparaîtra ; 3° ou que, subsidiairement, il ne sollicite par une vie plus agitée, par des exercices forcés, un changement de climat, l'usage des eaux thermales sulfureuses (Bagnères-de-Luchon, Aix en Savoie), la manifestation de la récidive possible, à s'opérer plus vite que s'il l'attendait des seuls efforts de la nature et du temps.

S'il y a eu une ou plusieurs rechutes, surtout si elles ont eu lieu malgré des traitements prolongés, si leur enchaînement indique une tendance de l'affection à passer à l'état tertiaire... non mariable, avec fort peu de chances de faire lever ultérieurement l'interdiction.

La guérison obtenue par un changement de résidence, par de nouvelles habitudes hygiéniques ou par une modification profonde et spontanée de la constitution peut seule, et à condition qu'elle se maintienne déjà depuis plusieurs années , justifier un recours en grâce contre cet arrêt.

Je sens moi-même combien ces distinctions sont défectueuses. Pour avoir quelque valeur elles veulent être non suivies à la lettre , mais interprétées par un médecin qui tienne compte des circonstances per-

sonnelles à chaque malade, circonstances que lui seul peut connaître, et auxquelles il est raisonnable de réserver une large part dans la solution du problème. Si cependant on réfléchit que dans une aussi importante matière les règles manquaient presque entièrement, on me pardonnera plus aisément d'avoir tracé ces quelques lignes, radicalement insuffisantes et plus répréhensibles qu'utiles si j'avais eu la prétention de les donner comme un code sans révision, mais qui auront du moins l'avantage d'appeler sur ce sujet les méditations des hommes capables de l'éclairer et d'en fixer les lois définitives.

J'ai formulé l'ordre rigoureux de faire passer par le mercure ceux qui, ayant eu autrefois la vérole constitutionnelle et n'ayant pas été traités, vont se marier. Faut-il aller plus loin? faut-il assujettir aux mêmes précautions ceux qui ont déjà subi un traitement, mais qui l'ont subi il y a longtemps? Je n'oserais exprimer à cet çgard ma pensée sous la forme d'une prescription impérative : et néanmoins si je considère d'une part les exemples nombreux d'hommes se croyant parfaitement débarrassés d'une syphilis ancienne et qui deviennent pères d'enfants infectés ; si je me rappelle, d'ailleurs, ces cas, cités plus haut (V. p. 232), où le mercure, pris par les parents, n'a eu d'effet préventif que pour l'enfant qui a été procréé aussitôt après, et point pour ceux qui sont venus ultérieurement, je conclurais volontiers à l'utilité d'instituer dans ces cas, contre toute chance possible, une

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