‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 158 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

et dernière fois, prit de nouveau des pilules mercurielles, et mit au monde une fille qui se porte bien encore aujourd'hui.

Peut-on désirer l'épreuve et la contre-épreuve plus claires, plus réitérées, plus dégagées de complications que cette observation ne les montre? Et, en fournissant la preuve péremptoire de la nécessité absolue, dans certains cas, du traitement répété à chaque grossesse, ne fait-elle pas sentir l'utilité de suivre cette règle toutes les fois que des commémoratifs suspects ou une première grossesse coupée par l'avortement inspirent quelques alarmes sur l'issue d'une gestation actuelle ?

Je pose ici, mais je ne fais que poser cette question : Un enfant ayant été conçu par des parents notoirement syphilitiques, naît sain en apparence. Mais un ou plusieurs enfants procréés avant lui par les mêmes parents ont eu la syphilis. Faut-il attendre pour soumettre ce dernier au traitement que les symptômes se montrent ? N'aurait-on pas plus de chances de le sauver en commençant l'administration des remèdes, à dose modérée, au moment même de sa naissance ? Quelque réserve que je veuille garder sur ce sujet, je dois cependant dire, que si ses aînés non-seulement avaient eu la syphilis, mais y avaient succombé malgré un traitement institué dès l'apparition des accidents ; si enfin les père et mère n'avaient, depuis lors, usé d'aucuns remèdes, l'administration préventive des mercuriaux au dernier né trouverait à mes yeux, dans cet ensemble de circonstances, une justification bien suffisante.

n50 DE LA SYPHILIS DES NOUVEAU-NÉS.

5 2. — Conditions liées à la parturition.

Nous avons vu que les dangers qui menacent le fœtus en traversant les parties génitales malades de sa mère ont été fort exagérés. Mais si l'infection au passage est un des faits les plus rares de la syphilograpliie congéniale, elle n'est pas, tant s'en faut, une impossibilité. L'accoucheur doit donc prendre contre elle les mêmes précautions que si les exemples s'en observaient journellement. 11 le fera d'autant plus volontiers que la contagion à laquelle l'enfant est exposé à ce moment peut l'atteindre lui-même durant les manœuvres obstétricales.

Dans les traités classiques on limite assez généralement au seul chancre primitif les lésions communicables au moment du travail. Je ne saurais trop mettre en garde contre cet optimisme. Les tubercules muqueux doivent inspirer les mêmes craintes. Sont-ils (j' entends les non congéniaux), oui ou non, contagieux? Ce n'est pas le cas de discuter cette grande question : et sa solution n'est point nécessaire dans la circonstance. Car alors même que l'on conclurait avec M. Ricord contre leur contagiosité, il n'en resterait pas moins vrai, toujours d'après M. Ricord, qu'un chancre en voie de se transformer en tubercule muqueux, et parvenu au point de simuler ce dernier, même aux yeux de praticiens très-habiles, peut être encore parfaitement inoculable.

Mais, dira-t-on, si la mère a des tubercules mu-

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