‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 159 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

queux, de toutes pièces ou transformés, elle est atteinte de vérole. Le fœtus l'a donc par conséquent déjà prise dans son sein; et il ne peut plusla prendre au passage. A quoi bon alors s'efforcer de l'en préserver? — Ce raisonnement suppose que toute femme syphilitique donne infailliblement la maladie à son fruit : il suppose encore que si la syphilis a été contractée par la mère aprèsle 7 me ouïe 8 m " mois, elle est aussi communicable au fœtus que prise au début- de la grossesse. C'en est assez pour montrer ce qu'il y a de peu fondé dans la quiétude qu'il voudrait inspirer àl'accoucheur.

Les précautions à prendre en pareil cas sont de deux ordres : elles concernent soit la mère, soit l'enfant.

Du côté de la mère, il est bien entendu que, sans négliger les autres indications, le traitement doit être avant tout local, tendre à réprimer le plus promptement possible les lésions contagieuses qui existent soit au passage même, soit dans ses environs, à l'anus, aux aines, etc. Si le médecin n'a pas le temps d'obtenir la guérison complète des chancres, qu'il tâche au moins de les amener, avant l'accouchement, à la période de réparation. — Je n'ai pas à traiter ici des moyens propres à remplir ce but. Je recommanderai seulement, comme particulièrement expéditif contre les tubercules muqueux, les lotions chlorurées suivies d'application de calomel. 11 est bien rare que, en huit jours, les plaques les plus confluentes ne se soient pas effacées sous l'influence de ce moyen dont l'invention appartient au génie pratique de M. Ricord.

Je ne saurais assez insister sur le précepte de se hâter, dans ces conjonctures. Beaucoup de praticiens craignent de guérir les accidents locaux avant d'avoir fait suivre un traitement général. D'autres répugnent à employer sur la femme enceinte des médications trop actives, la cautérisation. Ces scrupules peuvent se discuter partout ailleurs. Ici ils sont hors de place. 11 faut agir dès qu'on est appelé; il faut que la thérapeutique succède immédiatement au diagnostic. N'oubliez pas la fréquence de l'accouchement prématuré chez les femmes syphilitiques. N'oubliez pas que les modifications vitales subies par les organes génitaux pendant les derniers mois de la gestation y rendent la cure des lésions beaucoup plus lente et moins certaine : témoin les végétations qu'on voit souvent alors repulluler malgré les soins les plus assidus. Si donc vous n'êtes jamais sûr du temps qui vous reste avant l'accouchement ; si vous n'êtes non plus rien moins que sûr du temps que les symptômes demanderont, dans ces conditions exceptionnelles, pour guérir, ne voyez-vous pas là un motif suffisant pour vous mettre immédiatement à l'œuvre ?

Mais le médecin peut avoir été prévenu trop tard : il ne reconnaît, je suppose, la présence du chancre qu'au moment où le travail se déclare. Doit-il alors rester inactif? Non sans doute. Il lui suffira de détruire momentanément la sécrélivilé virulente de l'ulcère, puis de le couvrir, par surcroit de précautions, d'un vernis protecteur. Il devra donc cautériser

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