PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE
largement et profondément avec la pierre infernale toutes les lésions contagieuses ou suspectes de contagiosité; il devra ensuite les barbouiller de collodion. Plusieurs couches, successivement superposées, de cet enduit imperméable neutraliseront en grande partie les chances de communication au fœtus. On aurait, d'ailleurs, le soin d'en réitérer l'application si le travail traînait en longueur.
Du côté de l'enfant , les soins préservatifs se bornent :
A hâter autant que possible la terminaison de l'accouchement, une fois qu'il est commencé ;
A laisser intacte jusqu'au dernier moment, à moins d'indication contraire, la poche des eaux; leur écoulement , pendant que la tête passe , servant à la garantir du contact des matières virulentes;
A tenir soit un doigt, soit, de préférence, une plaque mince de corne ou d'ivoire ramolli , entre les lésions contagieuses de la mère et le corps de l'enfant, tandis que celui-ci se trouve arrêté au niveau de l'endroit où elles existent;
A injecter de l'huile à plusieurs reprises pendant toute la durée du travail, pour éluder ou adoucir les frottements ;
Enfin, sitôt après la naissance, à laver exactement, minutieusement toutes les parties du corps de l'enfant qui ont été plus longtemps exposées au contact du pus virulent , ou qui sont connues pour en être le réceptacle ordinaire, notamment les yeux , les lèvres, les na-
rines, l'anus et les parties génitales. Si l'on découvre quelque excoriation, il sera prudent de la cautériser, sans attendre davantage, avec le crayon de nitrate
d'argent.
| 3. — Conditions dépendant des personnes parmi lesquelles l'enfant est élevé.
Il faut ici placer en première ligne les rapports de l'enfant avec sa nourrice ; en seconde, ceux qu'il a avec d'autres individus.
Un enfant né sain, de parents sains, ne peut, je le suppose, être allaité par sa mère. Comment s'y prendre pour éviter que la nourice à qui il va être confié lui donne la maladie vénérienne ?
Cette crainte, il faut bien le dire, ne préoccupe point assez les gens du monde. Malgré les tristes événements qui se renouvellent, on appelle beaucoup trop rarement le médecin à donner son opinion sur la santé spéciale de la nourrice. Satisfait de sa belle apparence, de sa niaiserie quelquefois jouée, de la rusticité de son entourage, le père lui livre sans examen le sort de son enfant ; et parmi les questions qu'on lui adresse sur ses antécédents, la plus importante est sans-contredit la dernière à laquelle on songe.
Encore une pudeur bien naturelle explique-t-elle assez la retenue des familles à cet égard. Mais que dire du médecin (et ils sont nombreux) qui omet de comprendre dans l'examen dont on le cbarge l'inspection attentive des parties génitales de la nourrice