‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 164 sur 204 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

EMPÊCHER L'ENFANT ATTEINT DE SYPHILIS DE TRANSMETTRE LA MALADIE AUX PERSONNES AVEC LESQUELLES IL EST EN RAPPORT.

La plus exposée de toutes semblerait, théoriquement, devoir être la mère, qui pendant neuf mois garde avec

lui les plus étroits rapports. Si le contact intime, l'identité de température, la communauté de nutrition sont des conditions suffisantes de propagation, certes, les subissant plus que personne et ne pouvant se soustraireàaucune d'elles, elle devra éprouver leur influence dans toute sa plénitude ! Nous avons vu plus haut jusqu'à quel point la pratique confirme les données de la raison. Mais, adversaires ou partisans de la réalité de ce mode d'infection, tous reconnaissent qu'il n'aurait rien de contraire aux lois physiologiques, tous par conséquent doivent s'accorder dans cette conclusion pratique, savoir : que, après avoir eu un enfant d'un homme syphilitique, la santé de la femme doit être plus minutieusement surveillée qu'auparavant; et que, s'il survient chez elle quelques désordres obscurs, mal caractérisés, dont le diagnostic laisse le moindre doute, il y a indication de lui administrer, ne fût-ce que comme pierre de touche, les remèdes antisyphilitiques, notamment l'iodure de potassium.

Mais ce n'est pas de ce côté que naissent les plus vives alarmes, que viennent les plus grandes difficultés. Lorsqu'un enfant naît dans des conditions de parenté qui rendent le développement prochain de la syphilis chez lui probable ou possible, il soulève un problème d'hygiène et de morale, dont la solution, horriblement lourde pour la famille et pour le médecin , n'a pas encore été trouvée et ne peut l'être complètement. Il s'agit de concilier les intérêts de l'enfant et ceux de la nourrice qui va s'en charger, intérêts d'autant plus respectables

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