‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 171 sur 204 · PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉRAPEUTIQUE

voit parfois des enfants venir au monde et rester parfaitement intacts , leurs parents étant notoirement infectés. Il faut donc, de toute nécessité, établir ici des catégories. Ainsi, si je pouvais avoir la prétention de réglementer un sujet aussi neuf que celui-ci, j'ordonnerais un traitement, aussitôt après la naissance :

A l'enfant issu d'un père et d'une mère ayant, ou ayant eu tous les deux la syphilis au moment où ils l'ont conçu ;

A ceux dont le père ou la mère aurait été, à ce même moment, sous l'influence d'une diathèse syphiliticpie manifestée par des symptômes constitutionnels récents et non encore traités spécifiquement ;

A ceux qui, engendrés hors de ces conditions, mais néanmoins par des parents à antécédents syphilitiques, naîtraient avant terme, ou à terme mais avec l'apparence sénile indiquée par les auteurs comme cachet certain de l'intoxication spéciale.

Je dispenserais, au contraire, de ce traitement immédiat :

Les enfants dont un seul parent aurait eu anciennement des accidents syphilitiques, surtout s'ils avaient été l'objet d'une médication spécifique;

Ceux, quelle que fût l'origine de leur mal, dont la mère aurait suivi, durant sa grossesse un traitement mercuriel complet, commencé avant le sixième mois ;

Ceux qui, bien qu'avec des antécédents suspects chez leurs ascendants, apporteraient V apparence d'une santé robuste, et d'une constitution vigoureuse.

Il est bien entendu que, dans les cas rares où des symptômes vénériens caractéristiques existent dès la naissance, l'enfant sera immédiatement soumis à la médication antisyphilitique, dont les règles détaillées seront exposées plus bas.

Si cette idée de traiter la maladie avant l'apparition de ses symptônes peut rencontrer quelques opposants, on devrait croire du moins qu'aucune dissidence n'existe sur la nécessité de commencer l'administration des remèdes aussitôt que ces symptômes éclatent. Il n'en est rien : pour quelques auteurs les dangers du mercure sont tels qu'ils balanceraient, et au delà, son utilité, même dans les cas où l'indication nous en parait, à nous, la plus impérieuse. Déjà de Blegny (') laissait percer ces appréhensions en remarquant que « l'enfant à la mamelle est infiniment moins propre à supporter l'effort des remèdes que dans un âge plus avancé. » Guyon de la Nauche dit que « la guérison des enfants véroles serait plus assurée si l'on pouvait attendre pour les traiter l'âge de 4 ou 5 ans ( 2 ). » Renchérissant sur cette opinion, Gardanne ( 3 ) la traduit en un précepte des plus formels : « à moins d'un cas très-pressant, dit-il, il est plus prudent de différer l'administration du remède (le sublimé) jusqu'au douzième mois. » Un peu plus loin, il entend très-

(') VArt de guérir les mal. venir., p. 270.

(*) Le cours de médec. théor. et prat., t. V, 1. VI, p. 28. ( 8 ) Recherches prat. sur les différentes manières de traiter les mal. vénér., p. ]39.

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