‹ Traité de la syphilis des nouveau-nésChapitre 173 sur 204 · PARTIE V. THÉKAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE V. THÉKAPEUTIQUE

fié ( l ); » et j'ai en vain cherché dans son livre ce qui a pu autoriser M. Cullerier ( 2 ) à écrire que sa confiance dans ce mode de traitement avait fini par s'ébranler. Bertin cite au contraire une observation décisive, dans laquelle un enfant couvert de pustules sur les cuisses et les jambes, réduit à un état cachectique, et trop faible pour supporter l'administration directe des remèdes, reprit les apparences d'une bonne santé grâce à l'influence du lait mercuriel de sa mère qui le nourrissait ( 3 ). M. Bouchut ne conseille pas d'autre traitement que celui donné ainsi par le moyen de la nourrice ( 4 ) ; et nous avons déjà rapporté , d'après M. Bassereau, des exemples frappants de son efficacité. Je n'allongerai pas cette liste des témoignages plus ou moins formels de Garnier. d'Astruc, de Levret, Fabre, Burton, Bosen, etc., en faveur de l'emploi médiat du mercure.

Dans son mémoire fort remarquable, M. Cullerier, ravivant contre ce traitement une objection déjà ancienne^ voulu prouver chimiquement que lelaitd'une femme qui prend du mercure n'en contient jamais assez pour opérer la guérison de son nourrrisson. M. Béveil et M. Personne ont procédé, sur sa demande, à des analyses minutieuses. Le premier n'a rencontré le mercure qu'une fois dans le lait d'une chèvre, à qui

(') Ouvr. cité, p. 184.

[*)BuUet. de thérap., 1852, p. 441.

; s ) Ouvr. cité, p. 78.

( 4 ) Ouvr. cité, p. 866.

ce métal avait été donné à quantités extrêmement élevées et au point de déterminer chez elle des désordres graves. 11 n'en a jamais trouvé dans le lait des femmes qui prenaient lé remède à des doses médicales. — Mais, de son côté, M. Personne, opérant d'une autre façon, a constaté la présence du mercure dans le lait d'une femme qui prenait depuis deux mois 5 centigrammes de protoiodure par jour. 11 est vrai, ajoute M. Cullerier, qu'il n'en a trouvé que des quantités infinitésimales. Notre auteur conclut de là à l'impuissance du traitement indirect.

Après avoir lu ces expériences, on se demande si elles ne sont pas plus opposées que favorables à la thèse à l'appui de laquelle M. Cullerier les invoque. Cette femme, notions le, n'usait du mercure qu'à une dose deux ou trois fois moindre que celle que l'on prend pour un traitement antisyphilitique ordinaire; et cependantles réactifs ont prouvé que sonlaiten contenait. La quantité découverte était minime, dit M. Cullerier; je l'accorde. Mais pensez-vous donc que l'analyse ait tout révélé? Savez-vous si d'autres moyens n'auraient pas mis à nu une plus forle quantité de métal? La supposition m'est d'autant plus permise que je vois , dans une recherche analogue, M. Réveil échouer, et conclure à l'absence du mercure, par cela seul qu'il s'était adressé à une autre voie d'expérimentation. Si la différence de procédé explique comment, de deux hommes très-instruits, l'un a trouvé, l'autre a vainement cherché dans le même liquide le même corps,

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